
Utopie Forum dédié à la Science-Fiction, Fantasy et au Fantastique |
| | Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures | |
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| Auteur | Message |
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Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1505
 | Sujet: Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures Ven 4 Juil - 15:50 | |
| Si vous regardez les actualités du site/forum, vous noterez que nous travaillons, depuis longtemps, à la v3 d'Utopie. Le design avançant assez lentement, nous nous concentrerons dans ce topic à la refonte littéraire !
Eh oui, malgré nos efforts, le contenu du site connait quelques égarements : fautes ou maladresses continuent à gangréner les pages. On ne peut les éviter, mais on peut les supprimer.
Je propose donc que chacun mette la main à la pâte pour corriger le site (et en passant, si vous avez des objections concernant certains éléments, des améliorations à apporter, ce sera l'occasion). Annoncez dans ce topic les pages que vous souhaitez relire et lancez-vous !
Bon, je sens votre enthousiasme décroître à mesure que je parle, mais qui ne tente rien n'a rien T_T...
*tentative numéro 2*
On peut aussi faire un concours =O. Celui qui corrige le plus de pages gagne un pin's ?
Le site ---> http://f.utopie.free.fr/ _________________
 Kit réalisé par une citrouille à queue verte. Merci, Sâr !
Dernière édition par Sahagiel le Dim 6 Juil - 14:14, édité 1 fois |
|  | | Clairounette Novice de Pieu


Inscrit le : 04 Juil 2008 Messages : 38
 | Sujet: Re: Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures Ven 4 Juil - 21:52 | |
| J'ai relu la page dans la section Ouvrages , le sujet Les chevaliers d'émeraudes où il y avait quelques fautes .
Lorsque j'aurai encore une fois relu où faut-il l'envoyer ? |
|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1505
 | |  | | Kaho Adorateur de Pieu


  Age : 14 Inscrit le : 18 Sep 2007 Messages : 182 Localisation : Belgique... à Lîdj'!
 | Sujet: Re: Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures Dim 6 Juil - 12:49 | |
| Saha, je veux bien aider aussi... Je commencerai par corriger ton message : c'est "la main à la pâte", et non à la patte! (désolé j'ai tiqué en le lisant ^^')
Plaisanterie de côté, je commence à relire ce qui me passe sous la main (les livres pour commencer) dès cette après-midi si j'ai le temps! Je dirai ce que j'ai relu et posterai les (possibles) corrections, mais je suis loin d'être infaillible malgré tout... _________________
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|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1505
 | |  | | Kaho Adorateur de Pieu


  Age : 14 Inscrit le : 18 Sep 2007 Messages : 182 Localisation : Belgique... à Lîdj'!
 | Sujet: Re: Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures Lun 7 Juil - 14:07 | |
| J'éditerai ce message au fur et à mesure
Je m'attaque à la partie 'Les ouvrages', je n'ai pas vu de fautes dans la page d'accueil de la section (ce m'aurait étonné, à vrai dire...) Ensuite, par critique : (j'ai un peu de mal à organiser ceci de façon claire, désolé, mais je n'ai pas vu mieux pour indiquer mes corrections... je mets en rouge ce que je corrige, et lorsque je ne suis pas certain, je souligne ce qui était mis et écris ma correction en italique ; si tu penses à un système plus simple pour toi, dis-le moi )
À la croisée des mondes
Résumé du premier tome :
Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée d'une prestigieuse université anglaise, est-elle l'objet de tant d'attentions ? De quelle mystérieuse mission est-elle investie ? Lorsque son meilleur ami, Roger, disparaît, victime des ravisseurs d'enfants qui opèrent dans tout le pars pays? , elle n'hésite pas à se lancer sur ses traces. Un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde.
Meilleur livre de l'année par le Publishers weekly, Etats-Unis; prix Guardian de la fiction pour la jeunesse, Grande-Bretagne; Carnegie Medal, Grande-Bretagne.
Critique
Ah, par où commencer avec un roman de cette envergure, une épopée de cette ampleur... Peut-être serait-il plus simple de commencer par le commencement, me souffle-t-on à l'oreille, aussi, lecteur, prends place près de moi et écoute cette merveilleuse histoire.
Il est rare de trouver un roman qui, dés les premiers mots, nous accroche par son style, sa fluidité ou sa « magie ». Quelque part, Philip Pullman a su y remédier en présentant avec beaucoup d'astuce nous intrépide Lyra, jeune enfant de onze ans et héroïne de l'histoire. Ainsi, dès la première page, on envisage son caractère intrépide, sa fraîcheur et son dynamisme joyeux. Il s'agit là du grand talent de l'auteur : rendre touchant ses personnages ; car Lyra développe un véritable caractère, avec sa psychologie, ses envies, ses désirs, ses craintes, ses déceptions et ce tourbillon d'émotions qui peut étreindre une personne laissée à elle-même. Le cadre posé, l'intrigue se lance très rapidement, livre destiné aux enfants –même ceux de 77 ans d'ailleurs- oblige. Cependant, le tout est soufflé de charme, saupoudré de raffinement, et alimenté par un mascaret de personnages aux caractères très distincts. Nous découvrons ainsi Lord Ariel, John Faa, Farder Coram, Mme Coulter, Roger, la sorcière Serafina Pekkala, Iorek Byrnison et tant d'autres encore !
Autant le dire, nous n'avons pas le temps de nous ennuyer. Passant d'une situation à une autre, d'un lieu à un autre, le lecteur voyage, évolue, sans presque respirer tant les moments de tension s'alternent avec la joie, la tristesse ou les combats. Malgré sa jeunesse, Lyra est confrontée à de multiples embûches, qu'elle affrontera toujours avec son daemon Pantalaimon, un être tout aussi intéressant.
Si un adjectif peut être associé à Philip Pullman, c'est bien imaginatif ! Le principe même de ses daemons, une entité individuelle représentant l'âme d'un individu, est très fertile. Alors quand a cela s'ajoute une intrigue palpitante, étayée par des propos scientifiques, nous voilà au Nirvana ! Les nuances de cette œuvre, parfois infimes comme le rôle perturbateur de l'Eglise, ou incroyables, tels les ours ou l'aléthiomètre, tendent à rapprocher le livre de la perfection.
Humour, poésie, fantastique, surréalisme, apologie de la liberté de pensée et d'agir, Les Royaumes du Nord est à lire absolument, quel que soit notre âge !
À vos souhaits
Résumé du premier tome :
A Newdon, dans le fog, John Moon traîne un spleen spectaculaire depuis que sa carrière d'entraîneur sportif, couronnée par une énième et ridicule défaite, vient brusquement de prendre fin. Si encore il était capable de se suicider correctement (ponctuation absente?) mais voici qu'une fâcheuse contrariété vient bousculer ses plans : possédée par le diable, la reine elle-même décide d'ouvrir la porte des enfers pour déchaîner le mal sur le monde. Désigné par un sort facétieux pour juguler ce terrifiant péril, notre brave John est contraint de s'adjoindre les services d'Oriel Vaughan, un elfe magicien incurablement médiocre, de Gloïn MacCough, un nain neurasthénique, et de Gryphius le dragon - petit, domestique et totalement imprévisible. Euh... et ça se termine bien ?
Critique
Ah, s'adonner à la fantasy burlesque constitue un exercice difficile. Certains auteurs la survolent avec panache, et nous pourrions citer Terry Pratchett, d'autres se limitent à une vision aseptisée, où nous n'apprécions ni humour, ni style, ni fraîcheur. Aussi hésitons-nous sur sa classification : à ranger parmi les réécritures médiocres, les essais réussis, les perles ?
En posant les mains sur ce roman, une chose frappe : le registre se distingue. Nous craignions une pâle réécriture à la Pratchett ; un récit aux situations glaçantes, aux schémas revus cent fois ou à l'humour un tantinet forcé. Rassurez-vous : Fabrice Colin évite les écueils pour nous présenter un livre soigné, dont les descriptions, quand bien même seraient-elles succinctes, créent un monde innovant, fourmillant de personnages plus loufoques les uns que les autres. Ah, humour noir, ah, complaintes surannées, ah, protagonistes versant dans la médiocrité, quelle joie !
Fabrice Colin plante un décor délirant, où les morts-vivants réclament une reconnaissance citoyenne, où le diable couche avec la Mort, sans oublier les suicides ratés, les beuveries délicieuses et les amours impossibles. Véritable virtuose, l'auteur joue avec son texte, en insérant, outre les mômeries humoristiques, quelques passages osés : mise en page changeante et texte barré, vous en ferez bombance ! A notre grande satisfaction, l'écrivain ne se limite pas à un humour facile mais innove, ourdit une trame scénaristique feuilletée, dont les ramifications s'intriquent, se fondent, se dissocient à foison. Les références, clins d'oeil et autres cocasseries narratives noircissent ainsi les pages et, sans mauvais jeux de mots, ce côté obscur nous charme.
La lecture ne s'exempte pourtant pas de défauts : là où l'auteur frappait par son aisance, quand une ligne lui suffit pour brosser un caractère, surgit aussi le manque. En un sens nous regrettons ce traitement succinct. L'auteur n'étaye guère son univers or, la lecture finie, il reste une impression d'inachevé : oui, on sourit, mais au fond nous aurions aimé un univers mieux décrit, des relations plus longues, en bref : quelques approfondissements. Ce serait sans compter le site, bien sûr, qui fournit ses textes inédits.
Les protagonistes révèlent quant à eux leurs caractères tantôt fourbes et délateurs, désespérés ou énamourés, en un mot : disparates. Multiples facettes, multiples avatars, multiples rôles dont nous retiendrons le quatuor principal : John Moon, entraîneur de Quartek dépressif, Oriell (ici tu l'écris avec deux L, alors que dans le résumé tu n'en avais mis qu'un seul... quel est le bon?) Vaughan, chez qui l'illusion est aussi simple que couper un arbre avec une gerbe de fleur, et Gloïn MacCough, le nain neurasthénique. A leurs côtés, vous flairerez à la fois les pistes et les indices, évitant (ou pas !) les catastrophes.
Inutile d'insister, vous l'aurez compris dès les premières lignes : une fantasy française comme nous en réclamons souvent, nourrissant l'imaginaire sans nous lasser, s'adonnant à quelques voltes artistiques puis nous échouant au final, un sourire aux lèvres.
Les annales du Disque-monde - Le père Porcher
Résumé du premier tome :
Rien à signaler!
Critique
Les Annales du Disque-Monde, une série comptant près de 28 tomes traduits en français, une trentaine du côté outre-manche, parvient à surprendre son lectorat par ses constantes innovations. Certaines œuvres de la Fantasy restent...oserai-je dire dans les annales ?, grâce à leurs personnages, leur monde travaillé, l'audace de leur plume ou la cosmogonie inhérente à leurs écrits. D'autres se propulsent au sommet de leur art avec humour, fraîcheur et une incontestable hardiesse. Bien qu'il soit toujours difficile de classifier le merveilleux, on pourrait glisser cette série dans le second groupe, même si la richesse de ses tomes ne se limite pas à une simple balade humoristique.
Cette fois, l'imagination ubuesque de l'auteur nous conduit à la veille des fêtes, dans une ambiance légère et familiale. Mais si certaines pistes, certains rituels, peuvent nous sembler familiers, l'ensemble affleure un tout autre univers. Certes, des personnages comme le père Porcher nous évoque immanquablement le père noël, avec sa tenue diaprée de rouge (Sans vouloir être pointilleux à l'extrême, diapré induit différentes couleurs, or là tu nous le décrit drapé de pied en cap du même teint... Et puis, j'aurais cru que l'adjectif se suffirait à lui-même, sans avoir besoinde rajouter 'de rouge'... Mais je ne suis sûr de rien...), sa hotte emplie de cadeaux, ce Ho Ho Ho caractéristique, l'impatience qu'il instille chez les enfants... mais entre les mains de la Mort, les événements s'emballent ! Le lecteur se voit donc constamment hélé, en éveil d'un indice ou d'une piste à flairer parmi l'abondance de péripéties. Plus que de l'action, on traverse ici une série de sketches, à l'humour plus ou moins inspiré, qui rythment le livre comme autant de contrecoups. Parfois grivoises, nappées d'ironie, de subtilités ou savoureuses, les touches humoristiques ne manqueront pas de dérider le plus impassible des lecteurs.
Les personnages sont quant à eux légions, les calembours flots de guerriers, le tout déferlant au fil des pages dans un éclat de fraîcheur. Glissant avec habilité, la plume de l'auteur déverse ainsi de nouvelles idées, plus bouillantes au fur et à mesure que la fin se profile. Les réponses affluent de la sorte à un débit mesuré, ni trop vif, ni trop long, afin de mobiliser parfaitement le lecteur. Celui-ci n'a d'ailleurs de cesse de savourer le récit, si bien qu'il est difficile d'émerger le temps d'une pause. Ce tome se lit donc d'une traite, en dépit des longueurs émaillant de ci de là la lecture, et la dernière ligne atteinte, on sourit encore de la verve des personnages. Outre les désormais cultes Suzanne Sto Helit, Mort aux Rats ou divers Mages de l'Université de l'Invisible, on fait la connaissance de certaines perles, comme Lheureduthé ou Bilieux, pour ne citer qu'eux. Si le premier s'exprime avec ironie, assurance et un rien de mépris, le second attire tout de suite la sympathie des lecteurs. Autour d'eux gravitent de multiples personnages secondaires, d'aucun étant sous-exploité, aussi c'est avec beaucoup de joie qu'on découvre le gnome Verrue, l'excellent corbeau, ou la Fée Bonne Humeur. Avouez... vous ne doutiez pas de leurs existences, n'est-ce pas ?
Toutefois, au-delà de ces qualités et défauts, on retient également du livre un message. Derrière cette légèreté se cache une véritable réflexion sur le devenir des croyances, leurs dégradations et leurs pertes de sens progressives, mais toujours sous couvert d'humour noir. A ce titre, la Mort se tourne en philosophe, puis se charge de porter à nos yeux ce « désenchantement ». En fin de compte, on doit avouer que cette société matérialiste comporte bien peu de rêves et d'éléments féeriques une fois la majorité atteinte. Il n'y a bien plus que les enfants pour faire vivre ces traditions, et encore...
Terry Pratchett signe encore une fois un roman de bonne qualité, fourmillant d'innovations et d'un humour toujours apte à nous égailler (égailler ou égayer? parce que je vois mal le sens que pourrait avoir "égailler" ici...). Le seul bémol qu'on pourrait retenir aux composantes des Annales du Disque-monde, en fait, serait les longueurs ou le risque d'overdose si on se met en tête de lire le cycle sans interruption. Pour tous les autres, le père Porcher est une invitation à la détente et à l'amusement.
Dernière édition par Kaho le Jeu 10 Juil - 17:46, édité 1 fois |
|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1505
 | |  | | Llight Eledor Membre du Staff


  Age : 17 Inscrit le : 31 Mai 2008 Messages : 207 Localisation : Dans le monde de l'imagination
 | Sujet: Re: Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures Mar 8 Juil - 0:46 | |
| Sahagiel, j'ai copié TOUTE la rubrique Cinéma et je la corrige cette semaine... Je préviens au passage, je ne reviens pas avant jeudi prochain (au plus tôt!), je te passerai les corrections à ce moment là. _________________ +Les livres sont les clés qui ouvrent les clefs de l'imagination et du savoir, du rêve et de la connaissance. +Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime.
 *from my book |
|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1505
 | |  | | Kaho Adorateur de Pieu


  Age : 14 Inscrit le : 18 Sep 2007 Messages : 182 Localisation : Belgique... à Lîdj'!
 | Sujet: Re: Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures Jeu 10 Juil - 18:47 | |
| J'ai édité l'autre post, mais ai dépassé la longueur maximale, donc je continue ici... J'en profite pour faire une remarque : tu écris toujours 'dés' au lieu de 'dès'... Certes, on le prononce 'dés' (généralement, il me semble...), mais on l'écrit 'dès', tu peux vérifier au dictionnaire... Mais ton écriture et ta langue m'épateront toujours
Les annales du Disque-monde - Mortimer
Résumé du tome :
Idem. Enfin, après tout, c'est le résumé de l'édition poche
Critique
bonheur sans cesse renouvelé de plonger dans ces annales ! Non que l'auteur parvienne à nous immerger dans un univers structuré, merveilleux et original, mais il assèche notre curiosité par son humour, les tournures mielleuses de ses comparaisons et l'audace de sa plume. Là où certains livres se contenteraient d'un humour plat, sans rondeurs ni subtilités, on obtient ici un éventail très varié de sketches : outre les jeux de mots, on savoure ainsi les métaphores saugrenues et les allusions retorses, les quiproquos et les jeux de scènes, les procédés de style et les rebondissements grandiloquents... tout contribue à la qualité du roman.
L'ensemble est bien entendu servi par une intrigue palpitante, parfois à ce point délirante qu'on en perdrait presque le fil, saupoudré par des protagonistes attachants et drôles sans parfois le souhaiter. Le plus bel exemple demeure Mortimer, le héros de ce roman, qui devient presque malgré lui apprenti de la Mort. A travers cet apprentissage hors du commun, il entreprend d'exécuter son travail, s'employant à toutes les manies de la Mort pour lui libérer du temps libre. Le garçon trop emprunt au sentimentalisme s'embourbe alors dans ses tâches et met en péril l'équilibre du Disque. Autour de lui gravitent des personnages intéressants, tels Ysabelle, la fille de la Mort, Coupefin, l'improbable Mage, et la princesse Kéli. Tous démontrent une psychologie au premier abord anodine ou prêtant à sourire, mais en réalité travaillée avec soin ; certes, on n'obtient pas la profondeur caractérielle propre à une Robin Hobb, mais certains personnages se tournent en pédagogues, ou en réceptacles aux émotions humaines. On les suit durant leurs tribulations puis on surprend leurs évolutions, notamment dans le cas de Morty qui passe du campagnard stéréotypé à un garçon certes gourd mais déterminé.
Dans la plupart des romans de Terry Pratchett, un message se dissimule derrière l'humour ; cette fois ci, il ne s'agit pas de souligner le caractère matérialiste des festivités ou la perte de sens des traditions : Pratchett s'attaque à la difficulté de l'histoire, et des conséquences si on en modifiait une variable. Pour une personne, sauver la vie d'un individu impulsivement, par grandeur d'âme ou conviction, peut sembler un acte charitable. Mais si cette même personne, en vivant, plongeait le monde dans le marasme, si en mourant, elle amenait son royaume dans une période de grande prospérité ? Voilà le dilemme mis en avant par l'auteur, et on se prend aux rouages de cette question ; qui n'a jamais songé à modifier le passé, sans prendre en considération les conséquences ? Qui n'a jamais imaginé le monde sans ses grands dictateurs ? L'expérience de ces modifications pourrait bouleverser la structure de notre monde sur le long terme, et c'est ce handicap que Terry Pratchett dénonce. Sous couvert d'humour, il guide nos consciences vers la réflexion, pour nous amener à formuler nos propres conclusions ; or quand nous détenons un livre à la fois plaisant, bien écrit et détenteur d'un message réel, le plaisir n'est que plus intense durant la lecture.
Car Terry Pratchett se distingue aussi par sa plume efficace, qui glisse avec beaucoup de personnalité sur le papier. On reconnaît son style dès les premiers mots, son sens du rythme et son talent pour créer une ambiance, peinture d'un univers aussi personnel qu'étonnant. Son audace si fertile ne laissera personne indifférent, surtout si vous recherchez un roman solidement charpenté pour affronter toutes les averses, toutes les critiques et les objurgations. Mais en a-t-il réellement besoin ?
Artémis Fowl - Tome 1
Résumé
Rien en vue
Critique
Assez vulgairement, on peut dire que la littérature jeunesse est en ce moment dominée par une grande tendance : la Potter mania. Ainsi, le serpent se mordait la queue et ces derniers temps rares étaient les livres apportant une pincée de renouveau. On pouvait dès lors craindre une altération du genre, cependant, une bonne surprise nous attendait à la lecture de ce premier tome.
Les lecteurs souhaitaient la recrudescence du genre, recherchaient peut-être un substitut d'Harry Potter, or Artémis Fowl comble toutes leurs attentes, voire même plus. En effet, loin de s'inspirer de ses prédécesseurs, Eoin Colfer nous invite dans son monde personnel et intriguant. Le cadre moderne de l'histoire surprend dès les premières pages : on retrouve avec plaisir nos repères spatiaux tel le Disney land resort Paris, l'évocation de plusieurs capitales ou sites culturels connus à travers le monde, autant de choses qui permettent une immersion rapide dans le livre. Cet aspect du roman est, pour ainsi dire, la face immergée (pas plutôt la face émergée? Je comprendrais mieux dans ce sens...) de l'iceberg, car dans les profondeurs de la terre, un peuple bien moins conventionnel surveille nos moindres « fées » et gestes : le Peuple des Fées. Contraint pour préserver sa survie à s'installer sous terre, cette population conserve une large avance technologique sur le Peuple de la Boue, comprenez les humains. Cette opposition surprenante, mettant pour une fois nos comparses en position de dominés, s'étaye au fil de l'œuvre et c'est avec beaucoup de plaisirs qu'on cueille les informations sur l'organisation politique des créatures.
A cet instant, l'imagination d'Eoin Colfer se tourne en un fantastique don créateur. En quelques pages, il innove, invente, transforme, modèle l'image que nous nous faisons des Elfes, par exemple. Ainsi, ces derniers ne gardent de leur définition contemporaine que les oreilles pointues, mais se dotent en retour d'ailes à énergie nucléaire. Un chapitre plus loin, nous découvrons le système de propulsion géothermique, mettant donc à profit les poussées de magma, très pratique pour remonter à la surface.
Cette plaisante créativité est couplée d'un mascaret de personnages charismatiques, attachants, dont le plus emblématique demeure Artémis lui-même. Jeune garçon âgé d'à peine douze ans, il jouit d'une intelligence hors du commun, qu'il met à profit pour fomenter des plans crapuleux. En apparence froid et cynique, son caractère est toutefois très étoffé, mais je n'entre pas dans les détails par crainte de vous spoiler. D'un aplomb notable, Artémis s'arrange toujours pour piéger ses ennemis et avoir deux coups d'avance ; à vrai dire, même quand il semble en difficulté, il n'en laisse rien paraître, prêt à tout sacrifier pour remporter la partie. Côté adversaire, ou allié, selon le référentiel, Holly Short, jeune fée exerçant au sein de la brigade des FARfadets, dévoile tout son panache et son dynamisme pour renverser les pions d'Artémis. Aidée par ses confrères, dont je retiendrai Foaly le centaure et le célèbre Root, toujours prompt à s'énerver, Holly donnera du fil à retordre au machiavélique adolescent !
Le scénario, quant à lui, est plaisant sans vraiment chercher dans la profondeur tandis que le style direct de Eoin Colfer, pas des plus aboutis non plus, s'étoffera avec un sens du rythme et du suspense maîtrisé.
Une agréable aventure dont les suites s'annoncent tout aussi divertissantes !
Enjoy !
Artémis Fowl - Tome 2
Critique
Et nous voilà repartis pour la suite de ses aventures trépidantes. La fin du premier tome nous laissait sur le vif aussi Mission Polaire devait rapidement nous entraîner. Pari réussi ? Comment ne pas être déçu par une suite ? Voilà une question à laquelle Eoin Colfer répond avec panache, en abîmant une nouvelle fois le lecteur dans son univers. Car dès les premières lignes, le charme suranné des personnages et de l'intrigue opère ; on retrouve avec joie Artémis, Butler, Holly, Foaly et Root pour une aventure plus dangereuse où l'action, mêlée à un écheveau d'amour, prend tout son sens.
Comme d'habitude, l'imagination florissante de l'auteur justifie la qualité du roman avec une kyrielle d'innovations du plus bel aloi. Du rétinoscope capable de parcourir les souvenirs au canon ADN en passant par les spécificités physiologiques des nains, le dépaysement du lecteur est total. Alors on s'enferre avec joie sur les lances de l'écrivain, découvrant l'éclatement bien vu de l'intrigue et dépassant le cadre stéréotypé des personnages. Plus le récit avance, plus ceux-ci évoluent ; ils s'éloignent peu à peu de ce qu'ils étaient au premier tome et se découvrent de nouveaux talents, de nouveaux aspects psychologiques. Quand bien même cet approfondissement paraît long, un peu tâtonnant au début, on note très vite les principaux changements, notamment chez le héros : Artémis Fowl. Avec lui, le caractère se fait subtil, les évolutions mieux tracées en ajoutant encore de l'épaisseur à son rôle, sans en étouffer les qualités. A travers ce tome, on le découvre un peu plus, lui et ses frémissements d'adolescents ; alors qu'on le pensait insensible aux charmes de la gente féminine, les hormones pubères perturbent un chouya son jugement, ce qui laisse présager de grands moments pour la suite ! Mais attention, la plume de l'auteur veille toujours sur ses protagonistes aussi ne tombe-t-on pas dans le registre niais ou dans les discussions dégoulinant de bons sentiments ; on ne régresse pas, on avance.
A ce titre, on peut saluer l'auteur qui nous invite cette fois dans l'enfer de la glace, un déracinement total quand on rêvait encore d'Ecosse, avec ses vieux manoirs, ses plaines argentées par la pluie, son mystère immanent... Mais que le lecteur se rassure, cette initiative se révèle d'autant plus intéressante. On suit en parallèle deux intrigues, l'une nous entraînant en Russie pour sauver le père d'Artémis, la seconde au cœur de la terre, pour sauver le Peuple des Fées. A cette occasion, Eoin Colfer navigue sur différents thèmes : de l'infiltration à la Jame Bond d'un repère ennemi, au sabotage d'arme technologiquement avancée, en passant par la défense d'une ville en flammes, on sent que l'auteur s'amuse beaucoup, et nous avec lui !
Le style d'Eoin Colfer, enfin, gagne en finesse dans ce tome, sans toutefois atteindre le niveau de ses confrères anglo-saxons. Bien sûr, le panel de ses lecteurs explique en grande partie le manque de richesse de l'œuvre, mais en dépit de son sens du rythme, du suspense, et de la vivacité du livre, on le termine avec un certain regret.
Enjoy ! |
|  | | Kaho Adorateur de Pieu


  Age : 14 Inscrit le : 18 Sep 2007 Messages : 182 Localisation : Belgique... à Lîdj'!
 | Sujet: Re: Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures Ven 11 Juil - 15:59 | |
| Artemis Fowl - Tome 5
Résumé du cinquième tome :
Incroyable! Il existe sur cette terre un cerveau aussi brillant que celui d'Artemis Fowl. Une personne aussi géniale que le célèbre bandit… Elle se nomme Minerva, elle est française et n'a que douze ans! L'ambitieuse prend Artemis de vitesse alors que les démons -les êtres les plus redoutables parmi le Peuple des fées- menacent de quitter leur colonie perdue pour débarquer chez les humains. Dans cette partie diabolique, il n'y aura qu'un gagnant. Et, cette fois, il n'est pas sûr que ce soit Artemis.
Critique
On reprend les mêmes et on recommence, telle pourrait être la devise d'Eoin Colfer. A ce niveau de l'histoire, on n'attend plus vraiment d'innovations aux niveaux des recettes, des personnages ou de l'univers brodé par l'auteur, aussi intéressants soient-ils. A moins d'être particulièrement sadique, seuls les adeptes d'Artémis poursuivent encore la série, les autres ayant à mon humble avis passés leur chemin dès le second tome. Alors que dire sur ce nouvel opus ? Si ce n'est une impression désagréable de déjà vu, une atmosphère convenue et des protagonistes toujours façonnés sur des archétypes ? Beaucoup de choses, ne vous inquiétez pas.
En premier lieu, le cadre de l'histoire nous transporte cette fois vers un univers inconnu, peu étayé par l'auteur depuis le succès de ses romans : les dimensions parallèles. Car pour complaire son lectorat, Eoin Colfer choisit de transposer son histoire sur plusieurs plans, à savoir le monde des démons -dont le contexte spatio-temporel apparaît bien éloigné du nôtre- et le monde que l'on pourrait qualifier de normal malgré sa pincée d'étrangetés. Cette volonté de relancer l'intérêt du roman est louable, d'autant que l'auteur parvient assez facilement à placer ses protagonistes, leur conférant tour à tour des caractéristiques stéréotypés ou tout à fait innovantes. Pendant le premier quart du roman, nous étudions ainsi les façons d'agir et de penser de ces êtres méphistophéliques (pardonnez cette soudaine envie de mot à plus de quatre syllabes), une race déclinée avec ingéniosité par l'écrivain, afin de stimuler notre curiosité. Mais au-delà de ça, quel scénario Eoin Colfer escomptait nous apporter ?
De ce point de vue, on pourrait déplorer un flagrant manque d'originalité, notamment quand nos héros sont pour la énième fois confrontés à une mort imminente, où le sort de deux mondes repose entre leurs mains. A n'en pas douter, Eoin Colfer n'atteint pas la quintessence de son art. Il entrait peut-être dans ses intentions de poursuivre l'épopée sans modifier sa recette, néanmoins un grain de folie n'aurait pas été de refus, en prenant en considération les quatre derniers volumes. Malgré cela, le charme opère, moins dense qu'auparavant, moins accrocheur, mais suffisamment puissant pour nous enjoindre à terminer le livre. Le cycle dans son entier pourrait donc s'apparenter à un exutoire pour lecteur en manque de divertissements, image certes péjorative mais qui semble de plus en plus refléter le contenu des tomes. Après avoir considéré les nouveaux éléments, tels la kyrielle de nuances apportées au monde des fées, encore enrichi par moult détails, ou le clone féminin d'Artémis, Minerva, on reste sur sa faim. Aucun procédé stylistique ne point à l'horizon, la richesse du vocabulaire s'annonce anémique et l'humour constant des dialogues presque subsidiaire.
Et malgré ses handicaps majeurs, à l'instant même où on commence à s'ennuyer des coups de théâtres avortés, des situations revues, des raccourcis scénaristiques choisis par l'auteur, on est séduit. Au fond, les qualités diverses du roman tendent à masquer les maladresses de la narration. Qui n'aime pas la gouaille de Butler ? L'intelligence d'Artémis ? La franchise de Holly et le côté déconnecté de Mulch ou Foaly ? Les personnages mettent à profit leurs atouts pour nous séduire, faciliter notre immersion dans le roman en dépit d'un sens du rythme moins percutant que dans les précédents.
Pour terminer, cette histoire devient au final assez populaire et perd peu à peu de son âme. A une époque, j'étais capable de disserter longuement sur la richesse, la finesse, de ces romans, mais aujourd'hui, alors que la série s'étire aux limites du commercial, comme on pourrait le craindre, je ne ressens plus cette même liesse. Bien sûr, Colonie Perdue apportera beaucoup de plaisir au jeune public, distraira les plus âgés, et finalement ne baissera pas la qualité de votre bibliothèque, mais pour encore combien de temps ? Certes, la fin réserve quelques surprises, avec de nombreuses questions en suspend néanmoins on peut redouter, dans d'éventuelles suites, un essoufflement du cycle.
L'assassin royal - Tome 1
critique
En toute franchise, j'avais lu ce cyle il y a bien longtemps, certes en gardant un agréable souvenir de cette découverte, mais sans m'y appesantir. Néanmoins, à la suite d'un commentaire portant sur l'ensemble des œuvres de Robin Hobb, j'ai décidé de replonger dans cette lecture, avec une curiosité non feinte. Car si l'enfance nous masque les maladresses ou lourdeurs, l'œil adulte les interprète comme autant de nuisances. Allais-je à nouveau fondre sous la chaleur de ce roman ? Ou me cuirasser de glace pour demeurer indifférent ?
La magie opère, dès les premiers mots, dès les premières lignes. Je m'interroge d'ailleurs sur la manière de décrire, sans tomber dans le dithyrambe, le souffle du roman… Quand on entame l'Apprenti Assassin, on ne sait pas réellement à quoi s'attendre ; la quatrième de couverture annonce une quête initiatique, le titre une aventure épique, la plume de Fitz, derrière laquelle se cache l'auteur, un lyrisme mêlé de mélancolie, mais où nous entraîne Robin Hobb ? En réalité, partout à la fois. Comme si l'auteur essaimait son talent, elle nous propose de découvrir les multiples éclats d'un même miroir et nous dépeint l'histoire prenante des Six Duchés. On ne ressort pas indemne de ce monde aux marges de l'onirisme, car ses personnages accaparent notre attention puis ne la relâchent pas, nous enjoignant à les suivre tout au long de leurs voyages.
Le grand talent de l'écrivain, sans nul doute, est de produire des façons d'agir, de penser, des caractères et des psychologies. Ses créations se tireraient presque de leur carcan pour mener une vie commune, tant ils semblent être les réceptacles aux émotions humaines. Loin de se façonner entièrement sur des poncifs, ils parviennent à surprendre, à s'étoffer, à construire sur des bases saines leur personnalité. Ainsi, la vraisemblance de leurs réactions, tantôt provoquées par la colère, l'amour, la dérision ou le désespoir, pallie le manque d'action. Autant vous prévenir, les lecteurs à la recherche d'un substitut de Gemmel, friands de batailles et d'efflorescence sanguine, passeront leur chemin. Mais les autres, qui saisissent que la Fantasy ne se réduit pas à son côté homérique mais affleure de multiples aspects, apprécieront ce roman. Certes, vous n'y trouverez nul elfe, nul artefact capable d'assombrir le monde, nulle puissance occulte venue asservir les peuples, juste un récit talentueux, n'ayant pas besoin de fioritures pour exposer sa beauté.
Ce monde rayonne de page en page, et son patrimoine transpirant d'inventivité vous éblouira ; que dire de la cosmogonie, intéressante, unique et bien pensée ? De l'organisation géopolitique, sans cesse remise sur le devant de la scène ? De l'intrigue construite dans ses moindres détails, émiettant assez de questions pour alimenter notre curiosité ? Des enjeux éclatés, disparates et pourtant liés avec une logique imparable ? Dans ce roman fleuri par les retournements de situations, le lecteur sera donc en éveil d'une piste à suivre, d'un indice à s'approprier. Bien entendu, certains chapitres se positionneront en explications charnières, passages obligés pour entériner un monde, néanmoins la présence des longueurs ne peut être évitée. Certes, Robin Hobb inclut ses descriptions sous formes de dialogues ou d'épreuves à surmonter pour le héros, une initiative qui allègera ces phases ; et à vrai dire, elles permettent elles aussi, à leur façon, de tisser la toile de cet univers.
Rien n'est escamoté, rien n'est oublié par le narrateur Fitz, anti-héros de ce cycle. Lui-même structure ce récit, l'émaillant de détails foisonnants, et nous proposant un aperçu de sa vie à la cour, contraint par son rang à devenir l'assassin du roi. Sa personnalité complexe, sans cesse en évolution, est une gemme ôtée de sa sertissure : il nous transporte puis nous investit de la mission de le suivre. Et on s'y prête avec plaisir !
Le style efficace de l'auteur, là encore très humain, fera ainsi taire la voix critique de notre esprit, cette même voix qui nous souligne le vocabulaire trop souvent basique. Mais étonnamment, cela ne nuit pas à la lecture et permet de nous attacher d'autant plus à la pléthore des personnages. Entre le charisme de Vérité et Subtil, l'excentricité de Patience, le mystère du Fou et la fourberie de Royal, on est comblé, profondément. D'ailleurs, vous noterez à cette occasion un autre trait de génie de la part de l'auteur : attribuer à chaque personnage un nom, reflet de sa personnalité ou de ses aspirations ; le tout sans provoquer de dissonances !
En résumé, on referme le livre sur une impression solide. Quand bien même certains schémas sont récurrents au genre, comme celui du jeune orphelin éduqué par un vieil homme, cela n'entache pas la qualité de ce cycle. Les ouvertures pratiquées par le Vif, par exemple, sauront être exploitées tout au long des tomes. Pas un élément ne se voit ainsi délaissé au profit d'un autre. A un moment ou à un autre, chaque personnage aura le droit à son quart d'heure de gloire, et c'est à cela, aussi, qu'on reconnaît une œuvre majeure.
L'assassin Royal - tome 2
critique
Nous abandonnions Fitz aux affres de l'inconscience, plongé dans le doux sommeil du poison, oscillant entre la vie et la mort. Nous le retrouvons maintenant affaibli, éconduit par ses blessures à demeurer dans le royaume des Montagnes alors même que les complots font rages au sein des Six-Duchés. Pourtant, ses obligations auprès du roi Subtil nécessitent son rétablissement et le jeune héros devra retourner à Castelcerf, en dépit de son aversion pour Royal.
La psychologie de Fitz se tourne en véritable source d'informations, dans ce tome en particulier. Jamais auparavant il n'avait à ce point évolué, gagné en profondeur et en humanité. Nous découvrons ici un homme pris de doutes, déchiré entre son devoir, son désir… et l'amour qui le brûle comme un feu liquide. Néanmoins, Robin Hobb ne nous démontre pas ses conflits intérieurs sans intelligence : le récit ne s'amincit pas à la contemplation introspective de Fitz, à la découverte éperdue de ses déchirures, non, nous endurons ses pérégrinations et pénétrons sa psychologie à un niveau plus élevé. Il devient dès lors difficile de ne pas s'attacher au personnage, tant sur le fond que sur la forme. Bien entendu, la narration à la première personne entérine cette estime mais les choix du héros parlent pour lui. Sa volonté de survivre aux querelles intestines et son appétence à sauver les Six-Duchés lui confèrent ainsi dignité, prestance et charisme. Fini le gavroche esseulé au milieu des nobles : l'écueil de son rang se dresse maintenant avec finesse, levant peu à peu le voile sur ses desseins.
Fitz n'aspire pas au pouvoir, ce qui n'empêche les politiciens de refermer leurs mains de glace sur lui. Ses ennemis, tantôt déclarés, tantôt plus pernicieux, organisent leur partie ; Royal essaime ses pions, examine ses cartes, mais n'abat pas son jeu tout de suite. Avec Fitz, les intrigues de la cours nous saisissent tout entier, les complots, les évènements retorses et les manigances politiques se font légions, toujours sous couvert de diplomatie. Car enfermées dans l'étau de Castelcerf, les délations ne s'expriment pas ouvertement et c'est à travers les commérages ou les rencontres infortunes que Fitz en prendra conscience. Autour de lui gravitent ainsi les autres personnages, certain remisé pour le moment, comme c'est le cas d'Umbre, bien moins présent dans ce tome, et d'autres prennant pieds aux côtés de Fitz, tel Vérité ou Kettricken qui abandonne son rôle de promise énamourée pour endosser celui de Reine.
Si les enjeux politiques sont bien plus développés dans ce tome, ce n'est pas au détriment de l'action ; certes moins soutenue que dans le précédent volume, elle nous offrira quelques remarquables chapitres. Quand bien même le mystère des Forgisés demeure intact, à l'exception de quelques concessions faites par l'auteur, le souffle du roman ne dément pas. La plume de l'auteur glisse sur le papier jusqu'à imbiber l'ensemble d'une âme propre, d'une véritable aura. Tandis que les méandres empruntés par le scénario apprêtent notre curiosité, l'esprit du cycle gagne en tonicité. L'addiction à laquelle le lecteur est soumis structure ainsi son intérêt ; intérêt que même les atermoiements ne sauront éluder. On savoure, tout simplement.
La richesse du monde n'est quant à elle pas mise de côté. On en apprend toujours plus sur cet univers, sans réellement connaître ses frontières ou ses limites temporelles. Si l'histoire n'est en effet jamais datée, les indices ne manquent pas, permettant au lecteur de reconstituer les légendes dont se gargarisent les Six-Duchés. De la même manière, l'Art et en particulier le Vif s'approfondissent ; on en apprend plus à leur sujet puis l'apparition d'Oeil-de-nuit, personnage ô combien piquant, ourdit cette toile cosmogonique.
Une nouvelle fois, Robin Hobb surprend par sa fine connaissance de la psychologie humaine. Elle mène son intrigue d'une main de maître et parvient avec brio à instiller du suspense dans son récit, alternant descriptions, dialogues, révélations et énigmes. Elle traduit en détails les relations inter-protagonistes et achève dans un éclat ce tome charnière. Au plaisir de lire la suite ! _________________
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|  | | Kaho Adorateur de Pieu


  Age : 14 Inscrit le : 18 Sep 2007 Messages : 182 Localisation : Belgique... à Lîdj'!
 | Sujet: Re: Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures Ven 11 Juil - 22:36 | |
| L'assassin Royal - Tome 3
Résumé du troisième tome :
Ravagé, pillé, le royaume des Six-Duchés plie sous le joug de l'envahisseur. Les navires de guerre ne parviennent plus à tenir les Pirates Rouges en respect. Dans le pays, les dissensions éclatent entre les duchés côtiers, qui doivent supporter les incessantes attaques de l'ennemi, et les duchés intérieurs qui se désintéressent de leur sort. La cour elle-même, où le vieux souverain est manipulé par Royal, n'est plus qu'un théâtre d'intrigues où règnent en maîtres le soupçon, la traîtrise et le mensonge. Aussi le prince Vérité décide-t-il d'entreprendre une quête insensée: aller trouver les anciens, par-delà les montagnes, pour leur rappeler leur serment de venir en aide au royaume dans ses heures les plus sombres…
critique
L'Assassin du roi, tome charnière permettant de formaliser le récit, m'avait surtout marqué par ses atermoiements, il fallait alors agencer l'intrigue, disposer les enjeux de manière réfléchie tout en piquant la curiosité du lecteur. Cette méthode fonctionnait à merveille : avec les approfondissements effectués sur le Vif, l'évolution des personnages, subtiles parfums qui dévoilent peu à peu leurs arômes et l'ancrage du scénario, on ne pouvait que ronger son frein en attendant la Nef du Crépuscule ! Mais tenait-il toutes ses promesses ?
Dès le premier chapitre, le ton du tome se révélait : il se filerait sous les aiguilles de l'action, ourlé puis exposé par le fil d'une lame. Comme un contrecoup au précédent volume, Robin Hobb place cette fois son personnage au cœur des affrontements, tantôt fracassé sur la vergue des Pirates rouges, tantôt malmené par les conspirations de la cour. Manigances, pots-de-vin, stratagèmes retors et complots, les pages boutent le feu d'un aspect excitant de la politique. À travers les introspections de Fitz, c'est toute la saveur des trahisons que nous goûtons là ; avis aux papilles gustatives, le gratin de la société s'annonce riche en épices (pardonnez moi ce jeu de mot) !
Et en effet, les alliances puis revirements successifs n'abandonnent pas un instant de répis aux personnages. Aux antipodes du positivisme, la Nef du Crépuscule dépeint une tableau morose de la société, vision d'un monde où le gris prédomine. Bien que nous n'apprenions rien de concret sur les forgisés, la menace des Pirates rouges, rappel constant de l'étiolement des Six-Duchés, fournit quantité de grains à moudre au moulin des intrigues ; d'une part, nous étendons le champ des possibilités, avec la révélation de plusieurs énigmes, et d'autre part nous restons sur notre faim, lecteur attifé d'une cape de mystères. La pression croît de plus en plus tandis que la fin se profile. Mais où s'achèvera le dévouement de Fitz, aussi pensé et adroit soit-il ? Les ultimes pages atteintes, on aimerait s'arroger le droit de vivre le récit, tant la plume de l'auteure distille efficacement suspense, rythme et tension !
Une fois harangués les sentiments de désespoir, de peine, de joie ou d'exultation, il ne demeure qu'une chose : l'envie de connaître la suite, de poursuivre la lecture. A n'en pas douter, Robin Hobb réalise ici un coup de maître pour tenir ainsi son lectorat. Car dans ce tome, tous les éléments fondateurs de la série renaissent, le lecteur en faisant presque bombance. Alors ajoutez à cela une dose de personnages humains –mention spéciale à Fitz, qui signe son retour dans un face à face avec Royal ; à Patience, décidément pleine de ressources ; ou encore à Molly, qui dénie son côté énamouré pour gagner en profondeur- une pincée d'amour, bien loin des scènes dégoulinantes de sentiments, rassurez-vous, et une cuillérée d'audace, car il fallait bien du courage à Vérité pour mener son entreprise, et nous obtenons un cocktail délicieux à tout regard, mis à part quelques longueurs inévitables pour la tenue du récit.
Robin Hobb s'épanche à nouveau sur le royaume des Six-Duchés, pour notre plus grande joie. Devant l'intelligence de son roman, eu égard un style certes talentueux mais loin de sa quintessence, on ne peut que piaffer d'impatience ! Seul petit bémol : on peut reprocher à l'auteur de ne pas avoir plus étayé son monde ; elle disposait en effet de plus de mille pages pour instaurer son univers, mais en réalité, que connaissons-nous de lui ? Nombre de coutumes, de croyances et de traditions mériteraient un petit délaiement, et je fais confiance à Robin Hobb pour s'y atteler dans les prochains tomes. Bien sûr, les férus d'héroïc pure et dure ne combleront peut-être pas leurs attentes, mais aux autres, je ne peux conseiller qu'une chose : lisez-le sans hésitation, cette première trilogie s'achève en apothéose. _________________
Dernière édition par Kaho le Sam 12 Juil - 12:05, édité 2 fois |
|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1505
 | |  | | Sherryn Chroniqueur


  Age : 21 Inscrit le : 09 Sep 2007 Messages : 1486 Localisation : Valdemar
 | Sujet: Re: Refonte du site : en avant pour de nouvelles aventures Mar 15 Juil - 9:36 | |
| Je viens de parcourir la page des titres.
Le clan des Otori : Enlève ce s à "Otori", y a pas de s aux noms de familles. Battle Royale : Par pitié rajoute-moi ce -e, je sais pas d'où vient cette sale tendance à écorcher le nom alors qu'il y a un -e sur la couverture, sur le DVD, sur le CD et sur le manga, mais si on peut à la limite l'admettre sur un forum parce que de toute façon les fautes d'orthographe sont légion, sur un site c'est purement impardonnable et ça lui donne tout de suite une mauvaise allure.
A part ça j'ai lu les Otori (la tienne)
| Citation: | Ce livre est incontestablement intéressant, sur bien des points. On n'omettra pas de noter, en premier lieu, le cadre original de cette nouvelle saga : le Japon féodal. Ce choix de Lian Hearn, pour le moins intriguant, aurait pu rebuter mais c'était sans compter le talent de l'auteur. Car cette épopée s'accompagne de solides connaissances sur le Japon, qui ne manqueront pas de plonger le lecteur dans cet univers particulier. Bien sûr, l'immersion n'est pas des plus totales [en fait, cette expression me surprend. Est-il possible qu'une chose soit partiellement totale ??], il manque ce rien de poésie si admirable aux pays des nippons, mais l'effort est notable et les autres qualités du livre rehaussent encore l'intérêt de l'œuvre.
Car il ne s'agit pas d'une quête pétrie de stéréotypes, mais bien d'une aventure originale, sans prétention, pourrait-on dire, qui propose aux lecteurs d'accompagner la vision subjective de Takeo. Après avoir assisté aux pillages de son village, notre héros sera recueilli par sire Shigeru, du clan des Otori. Tout l'intérêt du livre repose dans l'évolution du personnage et ce sur tous les plans : pris de mutisme, les pouvoirs de celui-ci se développeront au fil de son éducation, avec toujours les avantages de la première personne. De même, sa personnalité se complexifie au fil des pages, grâce au discours à la première personne, on saisit ses pensées, ses réflexions, ses moments de doute et finalement comprenons la difficulté de ses choix. Dans ce roman, la nuance de gris prédomine, ainsi nous ne savons pas exactement où l'auteur veut nous mener, est-ce vers une chute heureuse, ou vers un drame ? Parfois, la mort de certains protagonistes tend à faire balancer [pencher ?] la balance, mais aussitôt après un événement, une parole, une révélation, galvanise l'espoir. Trahison, peur, infiltration, apprentissage, rébellion, incertitude, tout se mélange comme si ce livre était le réceptacle des émotions humaines. Assurément, la psychologie des personnages est correctement traitée. En parallèle, un protagoniste à mon goût plus piquant entre en scène aux côtés de Takeo, pour des raisons et des enjeux à la fois différents et identiques. Kaede, jeune fille frêle au début de l'œuvre, deviendra ainsi un personnage à part entière, avec ses idées, son objectif et une incontestable détermination. Là aussi, le travail sur ses traits caractériels sont notables, on s'attache tout d'abord à son côté énamouré pour ensuite admirer son sang-froid dans les situations difficiles.
L'histoire d'amour qui naîtra entre les deux héros sera bien sûr épique, à la fois sibylline et très propre au Japon. A cette florissante palette de personnages s'ajoute un scénario riche en rebondissements, soigné, sans manichéisme trop appuyé et proposant une autre vision de la fantasy, une initiative louable embellie par le style de Lian Hearn. La narration demeure en effet fluide, s'alterne sans fausses notes entre les points de vues internes et omniscients, entre les scènes calmes et sombres, voire solennelles, pour au final souligner une écriture talentueuse.
Un livre à l'origine destiné à la jeunesse mais qui touchera tous les publics ! |
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|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1505
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