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La Guerre en Fantasy

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Sahagiel
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MessageSujet: La Guerre en Fantasy   Mar 27 Mai - 19:42

Citation:
De la guerre en fantasy

Vous volez au-dessus du champ de bataille. La guerre fait rage. Le sol, accidenté, est grouillant d’hommes en armes et de créatures hideuses. Sous eux, la terre est grise. Au-dessus, le ciel est noir, et au loin, un volcan rougeoie. Dans votre envolée, vous frôlez une falaise, d’où chutent quelques orques atteints par des flèches magiques. La musique lyrique renforce l’impression de grandeur héroïque du moment. La survie des peuples libres de la Terre du Milieu est en jeu. Vous êtes deux minutes après que Galadriel vous ait dit comme le monde a changé, parce qu’elle le voit dans l’eau, voyez-vous, et qu’elle le voit aussi dans la terre et qu’en plus elle le sent dans l’air, ce qui lui permet de savoir que beaucoup de ce qui existait jadis est perdu car aucun de ceux qui vivent aujourd’hui ne s’en souvient, avant de résumer en quelques mots comment Sauron est un méchant méchant et qu’en plus il est vilain.
Ceci était la séquence que mon cerveau s’est senti instantanément obligé de faire défiler devant mes yeux, à la suite de la lecture des mots « Guerre » et « Fantasy » placés côte à côte.
Il n’existe, à part peut-être de rarissimes novellas à tirage intime dont personne ou presque n’a jamais entendu parler (presque personne étant une expression des plus inclusives pur qualifier votre serviteur), aucun roman, aucun film et (Kröm nous en garde !) aucun jeu vidéo en Fantasy qui ne comporte, au moins, sa scène de bataille épique et sanglante, où les héros abattent les trolls par douzaines et où résonnent le galop des fiers destriers et le son clair des épées dans les vastes étendues de la plaine désolée. (Pourquoi y a-t-il toujours une plaine désolée ? A croire que personne ne connaît l’avantage stratégique du relief, ou bien peut-être que la stratégie c’est rien que de la triche et ça atténue l’héroïque bravoure des braves héros ?)
Les guerres, dans la réalité, se résument le plus souvent à une querelle de ressources ou de territoires, plus rarement d’idéologie ethnique. La guerre vénale n’existe pas en Fantasy. En Fantasy, l’univers dans son entier repose sur des bases plus nobles. Qui a déjà lu – hors Maerlyn – un roman de Fantasy où le prétexte à l’assaut n’était pas réduit à « les méchants, ces vils, attaquent notre fière et grande cité, il faut se défendre » ou, beaucoup plus rarement, « les méchants, ces vils, se terrent dans cette forteresse, il faut les attaquer ». Ha ! Et ces mêmes raisons, maquillées derrière un prétexte de quête magique ? Et si on étend l’enjeu au monde dans son entier ou à telle espèce donnée ?
Maintenant, nous sommes d’accord, les méchants attaquent les gentils dans leur démoniaque plan d’asservissement de l’humanité, ou bien les gentils attaquent les méchants, mais, eux, ils ont forcément une bonne raison. Les méchants ont enlevé la princesse Peach par exemple. Nous voilà devant un magnifique exemple de la lutte entre les forces du bien et du mal. C’est chouette, non, tous ces soldats à l’armure lustrée qui s’entretuent pour une si noble cause. C’est vrai, ça nous change du blocus de Gaza et du génocide Kenyan. On pourrait se dire que, quelque part, c’est rassurant. Quelque part on doit se dire que l’humanité (et espèces assimilées) est toujours, au fond d’elle, bonne. On doit penser qu’au moins, là, des gens se battent pour quelque chose de juste, et quelque part ça nous change du quotidien, presque autant que les orcs et les elfes. Tous ces morts et ces mutilés qui savent qu’ils feront figure de héros puisque leur ennemi n’est autre que l’Axe du Mal (pas celui-là, l’autre). Leur mort est glorieuse. Leurs prouesses seront racontées dans les histoires, (même si nous on n’en saura rien vu que lesdites histoires se raconteront en dehors du format du livre).
Je crois que si la guerre en Fantasy est si prisée, c’est (hors le fait que beaucoup considèrent la description de ce genre de conflits comme un exercice aisé et apprécié quel que soit le niveau d’écriture de l’ensemble) à cause de l’exotisme. Grosso modo la même chose que ce qui fait marcher le genre en lui-même. L’épique, l’héroïsme et la bravoure ne sont rien sans les armures en mithril, les boules de feu et les invasions de gobelins. Ou alors on n’a qu’à lire un roman historique sur le débarquement de 44. Je suis sûr que les alliés fraîchement débarqués à Omaha Beach étaient tout aussi héroïques de les rohirrims lors de la brèche du Pelennor. Le truc c’est que, bon, ça rend pas pareil.
Déjà, on se dit, en partie mais pas uniquement à tort, que la guerre, en vrai, c’est autrement plus sale. La guerre en Fantasy, c’est tout autre chose. C’est pas comme en vrai.
Prenez la scène d’ouverture du Soldat Ryan, comparez-la avec la bataille finale de l’Armoire Magique, et dites-moi laquelle présente le plus de sang. C’est que la Fantasy repose sur des bases plus pures, voyez-vous, et alors montrer l’atrocité du champ de bataille serait nul et non avenu, non ? N’est-ce pas ?
Il existe des millions de manières pour un romancier de faire d’une bataille un moment littéraire esthétiquement majeur. Il est pourtant drôle de voir comment la Fantasy a le chic pour rendre ces événements, à la fois horriblement gores et tragiques et potentiellement sublimes, des plus mignons et tous publics, par la simple utilisation de la technique de l’omission ou, ce qui est peut-être pire encore, du survol. Elle pourrait aussi se contenter de la description crue et nue, mais non. Peut-être que ça ne rentre pas dans le format du genre.
Bien qu’il soit probable qu’une épée (surtout ces espèces de grosses poutrelles effilées que les héros affectionnent le plus souvent et que, si des gens comme Newton passaient par là pour rappeler quelques petites lois sans importance, comme par exemple, juste comme ça, la gravité, à leur bon souvenir, ces héros devraient soudain se rendre compte que, fichtre, c’est vachement lourd l’acier médiéval, et, re-fichtre, je dois la tenir aussi de la main gauche [oui oui, celle qui devait pourtant tenir la princesse]) doit pouvoir faire facilement autant de dégâts qu’une rafale de mitraillette, (d’une autre forme, peut-être, les trous devraient être plus gros, par exemple, et bon, peut-être pas « facilement » mais vous voyez ce que je veux dire) avez-vous déjà entendu parler d’entrailles pendouillantes et de cerveau qui dégouline dans de la Fantasy ? Et en dehors de Stephen King ?
La guerre en Fantasy se rapproche bien plus du jeu de soldats de plomb que de l’actualité au vingt heures. Mais au fond, pourquoi ? Rien ne devrait, théoriquement, obliger ce genre à décrire des batailles dont le bilan humain et émotionnel n’équivaudrait qu’à celui d’une partie de Warcraft (à savoir rien, ou une légère frustration si on a perdu [son temps, dans le cas qui nous intéresse]).
Ce que je pense, c’est que les auteurs de Fantasy se limitent eux-mêmes. Ils se sont convaincus tout seuls que ce genre se réservait à un public jeune, impressionnable, apeuré et à qui la lecture du sang répugne. Ils feraient presque mieux de s’abstenir de ces épisodes guerroyant, dans ce cas, ce qui éviterait une bonne partie du problème et pourtant ils semblent tous se sentir absolument obligés d’en tartiner leur œuvre (en général quelque part dans le dernier tiers, le reste étant réservé à de simples escarmouches). Ca et la quête initiatique, l’Élu et l’objet magique qui sauvera/détruira/changera le monde.
Pratchett rappelle dans la bio qui ouvre chaque épisode des Annales du Disque-Monde que la Science-Fiction n’est que de la Fantasy avec des boulons. Pourquoi alors la SF est-elle parfois tellement plus violente, morbide et cruelle que la Fantasy ? Les boulons qui différencient ces deux genres sont-ils si dangereusement mortels que l’atmosphère passe brusquement du rosefloral des balconnières de Mrs. Weasley au rouge ocre et sale des terres martiennes ?
Les auteurs de Fantasy se sentent obligés d’écrire des tas et des tas de choses, et tout aussi obligés de ne pas en écrire plus encore, « plus encore » englobant entre autres « descriptions réussies du champ de bataille et de ce qu’il s’y passe entre le barrissement du cor de charge et l’arrivée des corbeaux ». Peut-être est-ce inhérent au genre, qu’il est trop codifié, trop balisé, qu’il y a trop de marquage au sol et de panneaux indicateurs dans l’inconscient ou l’imaginaire de l’auteur, qui lui disent quoi mettre à quelle page, afin que l’auteur n’ait même l’idée de tenter ce challenge. Cela est si facile, si rassurant pour l’écrivain de suivre la trame qu’il pense la seule sûre, à savoir celle de ses prédécesseurs ; c’est comme une route toute tracée, bien revêtue, à la circulation assez intense pour pouvoir suivre de vue la trajectoire du véhicule précédent et du précédent et du précédent jusqu’à la déjà lointaine goudronneuse estampillée Tolkien LTD. Seule la couleur des voitures change.
Et ainsi ledit auteur ne se sentira pas les couilles de sortir de sa voiture et d’aller se promener dans la forêt que la route longe, voir un peu ce qu’il s’y passe.

Par Kebeon



J'ai trouvé ça sur le fameux forum des jeunes écrivains (même s'ils n'en sont pas, mais passons), plus précisément dans leur webzine -dont la présentation claque, un bon point sans nul doute- et cet article a retenu mon attention, car révélant son manque de connaissance, d'exemples, en bref : son incapacité à produire un sujet sur la Fantasy -exception si usage de second degré il y a, ce dont je doute fortement-. Je donnerai mon avis (qui parle de critique =p ?) en détails, mais en attendant si vous souhaitez réagir, la parole est à vous wink

Alors pour vous, c'est quoi la guerre en Fantasy =) ?
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Samantha
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ScorpionDragon
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MessageSujet: Re: La Guerre en Fantasy   Mar 27 Mai - 21:22

Perso pour un article de webzine je n'ai jamais vu un tel tissu d'inexactitudes, pas un exemple concret, des généralités qui balayent la fantasy d'un revers de main. Je suis désolée pour le chroniqueur, soit il s'est tapé un bon trip - et grand bien lui en fasse - mais je trouve que cet article est basé sur des a priori et des généralités, même pas étayés à renfort d'exemples, alors que c'est justement ce que l'article en lui-même est censé dénoncer : les raccourcis. Cela discrédite d'un coup le boulot monstrueux du webzine ! Qu'on déteste la fantasy, c'est tout à fait concevable, mais qu'on le démontre alors avec des arguments un minimum crédibles et qui ne s'écroulent pas, les contre exemples sont légion.

Citation:
La guerre vénale n’existe pas en Fantasy.


Hum... je me demande sur quoi se base une telle affirmation, à part sur le SDA ? Eien que pour citer les exemples : Les Perles d'Allaya, de Gabriel Féraud, où l'un des dirigeants épouse une gamine de 6 ans uniquement pour accéder au trône et déclare la guerre à ses voisins dans le seul but de s'enrichir et de donner de grandes fiestas dans son palais oriental. Plus vénal, tu meurs ! L'Assassin Royal, qui base quand même ses guerres sur des tensions entre duchés où le but est de s'enrichir un maximum... et encore, je suis une lectrice de fantasy qui a très très peu de références.

Citation:
aucun jeu vidéo en Fantasy qui ne comporte, au moins, sa scène de bataille épique et sanglante, où les héros abattent les trolls par douzaines et où résonnent le galop des fiers destriers et le son clair des épées dans les vastes étendues de la plaine désolée.


Des trolls en fantasy, idem, je n'en ai pas vu depuis le SDA, je conseille par exemple À la Croisée des Mondes, de Pullmann. La guerre n'est absolument pas physique, mais dans l'allégorie. Jeu vidéo de fantasy : Zelda, pas de scènes de bataille épique et sanglante. Et c'est de la fantasy, si si. Peut-être qu'il faudrait jeter un œil à la définition ?


Citation:
Je crois que si la guerre en Fantasy est si prisée, c’est (hors le fait que beaucoup considèrent la description de ce genre de conflits comme un exercice aisé et apprécié quel que soit le niveau d’écriture de l’ensemble) à cause de l’exotisme. Grosso modo la même chose que ce qui fait marcher le genre en lui-même. L’épique, l’héroïsme et la bravoure ne sont rien sans les armures en mithril, les boules de feu et les invasions de gobelins.


Oui enfin, ça ce n'est pas propre à la littérature de la fantasy en particulier, la littérature du Moyen-Âge est entièrement basée là-dessus, Le Bel Inconnu, La Chanson de Guillaume d'Orange, des romans, en passant par les chansons de gestes, les fabliaux même, ce sont des relents de la société féodale qui ont donné naissance à de tels concepts. Je ne trouve rien de moins exotique, au contraire, que ces sortes de fantômes de la littérature d'autrefois, les chevaliers, les armures, etc. On pourrait peut-être parler d'une sorte de nostalgie pour des valeurs de noblesse, mais je ne crois pas du tout que ce soit ce qui attire les lecteurs. Il faudrait que des fans du genre donnent leur opinion à ce sujet.


Citation:
Il est pourtant drôle de voir comment la Fantasy a le chic pour rendre ces événements, à la fois horriblement gores et tragiques et potentiellement sublimes, des plus mignons et tous publics, par la simple utilisation de la technique de l’omission ou, ce qui est peut-être pire encore, du survol. Elle pourrait aussi se contenter de la description crue et nue, mais non. Peut-être que ça ne rentre pas dans le format du genre.


Je conseille de lire du Cook, du Wolfe, du Gemmell, du Martin.

Citation:
avez-vous déjà entendu parler d’entrailles pendouillantes et de cerveau qui dégouline dans de la Fantasy ? Et en dehors de Stephen King ?


Voilà qui va désamorcer une telle question rhétorique, des citations extraites de La trilogie des Elfes, de Jean-Louis Fetjaines, Le Trône de Fer, de G.R.R Martin, et Le Prince d'Ayodia, de Ashok K. Banker.

Citation:
Il leva sa lance, et la première ligne de la bataille se mit au pas, puis au trot, puis au galop, faisant trembler la terre comme un grondement d’orage. Les hommes serraient contre eux leur long bouclier ovale, protégeant leur flanc gauche jusqu’au genou, puis ils baissèrent leur lance et l’ajustèrent solidement sous leur bras. Les cavaliers adverses, surpris par l’assaut des chevaliers, tentèrent une volte face mais la charge les cueillit en désordre. Uter vit les chevaliers enfoncer les quelques groupes qui avaient fait face, puis percuter de le plein fouet la colonne. Les lances traversaient les corps avec un telle force que les fanions ressortaient souvent de l’autre côté, dans une giclée de sang, quand elles ne se brisaient pas sous le choc ou ne s’arrachaient pas du bras des chevalier. Il vit des cheveux fous de terreur tenter de sauter au dessus des lignes et s’écraser avec leur cavalier dans la masse grouillante. Il vit des malheureux empêtrés dans leurs rangs, saisis à bout de bras et jetés à bas de leur selle, disparaissant aussitôt sous un attroupement affreux. Il en vit d’autres se faire décapiter d’un coup de hache et galoper encore, entraînés par leur monture, laissant derrière eux une brume sanguinolente. Les monstres fracassaient à coup de hache les jarrets des destriers lancés en pleine course, des hommes s’empalaient sur les tronçons de leur propre lance, des cavaliers coincés sous leur cheval hurlaient, les membres brisés, jusqu’à qu’un monstre vienne les couler au sol.


Citation:
Dans un brouillard de larmes, Lliane vit le deuxième écraser d’un coup de masse le crâne d’Onar, puis balayer Till et sa pauvre dague. Elle hurla de désespoir lorsque Dorian périt, la tête arrachée par le monstre.


Citation:
Des cris affreux l’arrachèrent à sa fascination. Ils s’étaient brusquement jetés sur les enfants et, malgré leurs cris déchirants, les traînaient au dessus d’un chaudron. Là, d’un coup de sabre, les malheureux étaient éventrés, tenus par les bras et par les jambes jusqu’à ce qu’ils se soient vidés de leur sang. Tarot ferma les yeux et se boucha les oreilles, pétrifié d’horreur. L’un de ses voisins vomit sur lui sans qu’il s’en aperçoive, et lui-même manqua défaillir tant l’atroce cérémonie se prolongeait impitoyablement. A demi inconscient, révulsé par le dégoût, il vit à peine le prince Maheloas plonger la lance brûlante dans le chaudron débordant de sang et de viscères, indifférant aux corps exsangues qui l’entouraient.


Citation:
Jory Cassel piqua des deux, chargea. Un sabot ferré d’acier frappa l’un des Lannister en pleine figure avec un craquement sinistre, un second garde se vit envoyer bouler en tournoyant et, un instant, Jory se retrouva libre. Wyl se débattait en jurant tandis qu’on le jetait à vas de sa monture moribonde, les épées fustigeaient la pluie. Au galop, Ned se précipita à sa rescousse et abattit son arme avec une telle violence sur le heaume de Tregar que l’impact le fit grincer des dents. Tregar s’affaissa sur un genou, son cimier léonin fendu par le milieu, la face inondée de sang. Heward tailladait les mains qui s’étaient saisies de sa bride quand un coup de pique lui creva le ventre. Et, soudain, Jory fut de retour dans la mêlée, la lame toute dégoutante de pluie rougie. « Non ! Cria Ned, file ! » mais, au même instant, son cheval bronchait sous lui et s’abattait pesamment dans la boue. Une douleur atroce l’aveugla quelques temps, le goût du sang lui emplit la bouche.
Il les vit cependant trancher les jarrets de la monture de Jory, le traîner à terre, il vit leurs épées se lever, s’abattre, et la meute l’enserrer comme pour la curée. Quand son propre cheval fut parvenu à se relever, il tenta lui-même de se dresser, retomba aussitôt, les dents serrés sur un hurlement. Il eut juste le temps d’apercevoir l’ose brisé poindre à son mollet puis ne vit plus rien. La pluie persistait à tomber, tomber, tomber.


Citation:
Des râkshasa deux fois plus grands que des êtres humains, rugissant d’exultation, empalaient des soldats sur leurs énormes andouillers, avant d’ouvrir à coup de griffes jaunes arques le ventre de leurs victimes pour en sucer les entrailles fumantes.
Quatre gardes du palais cernaient une râkshasî dont les seins affaissés nourrissaient deux bébés velus obstinément accrochés à sa taille. Les soldats la piquaient à petits coups de lance afin de l’écarter des portes du mahal. Sans doute répugnaient-ils à tuer une femelle, mère de surcroît. Leur force morale provoqua leur perte. La démone attrapa leurs lances puis les leur enroula autour du coup aussi aisément que des brins de laine. Elle saisit un garde dans chaque main et brandit les malheureux au dessus de ses petits, qui, hurlant de plaisir, leur ouvrirent le ventre. L’un dévora avec avidité des intestins ruisselants, tandis que l’autre tétait voluptueusement une gorge où jaillissait un flot de sang, comme s’il s’agissait du lait maternel.



Citation:
Ce que je pense, c’est que les auteurs de Fantasy se limitent eux-mêmes. Ils se sont convaincus tout seuls que ce genre se réservait à un public jeune, impressionnable, apeuré et à qui la lecture du sang répugne.


Ou bien est-ce le lecteur qui ne va pas chercher les bonnes références ?

Citation:
Cela est si facile, si rassurant pour l’écrivain de suivre la trame qu’il pense la seule sûre, à savoir celle de ses prédécesseurs ; c’est comme une route toute tracée, bien revêtue, à la circulation assez intense pour pouvoir suivre de vue la trajectoire du véhicule précédent et du précédent et du précédent jusqu’à la déjà lointaine goudronneuse estampillée Tolkien LTD. Seule la couleur des voitures change.
Et ainsi ledit auteur ne se sentira pas les couilles de sortir de sa voiture et d’aller se promener dans la forêt que la route longe, voir un peu ce qu’il s’y passe.


C'est le genre de généralité qui me révolte. Ça ne concerne pas l'écrivain de fantasy, mais l'écrivain tout court, comme disait Musset, il est facile pour l'auteur de rester planquer et d'écrire. C'est un fait. Il y a des auteurs de terrain, d'autres de bureau, disons, et d'autres qui font les deux. Ce n'est pas propre à la fantasy. Personnellement j'ai beaucoup voyagé, et notamment donné des cours de français dans la dernière dictature d'Europe, et j'écris de la fantasy, c'est fou, hein ? Je ne pense quand même pas être un cas isolé d'auteur qui va voir au-delà de la France.
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Sherryn
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MessageSujet: Re: La Guerre en Fantasy   Mar 27 Mai - 21:46

Whaou... J'avais rien vu d'aussi médiocre depuis la fois où j'ai lu un article disant que Dragon Ball c'était l'histoire de Saiyens qui vont conquérir d'autres mondes parce que la Terre est trop polluée...

C'est pas possible, l'auteur de cette chose n'a vraiment pas dû lire grand chose... Il se limite à un seul sous-genre et encore, et balance ça comme si c'était la fantasy en général... Pffff, c'est clair que si c'est ça le niveau du webzine, ça donne guère envie de lire le reste...
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Sahagiel
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MessageSujet: Re: La Guerre en Fantasy   Mer 28 Mai - 13:00

Au début, je ne voulais pas réagir, mais au final, me suis lancé dans une analyse critique, encore partielle pour le moment (a)

évidemment, avant toute chose, deux possibilités : ou bien l'auteur use de second degré (ce dont je doute après avoir lu quelques messages du bonhomme, mais sait-on jamais), soit il est sérieux, et enjoy \o/

Dans un premier temps, cet article frappe par son inconsistance : l’auteur ne cherche guère à étayer ses propos, à disséminer des exemples ou à soutenir son argumentaire, il se limite à de vagues généralités, dans la lignée du la-fantasy-correspond-aux-trolls, vernit son style pour accrocher le lecteur puis arrondie les angles : plutôt que créer une vraie réflexion, il mange à tous les râteliers sans dégager la moindre vérité, sombrant tantôt dans le registre pathétique (déclamant les incohérences de la fantasy) tantôt dans le sarcastique (eh oui, toi qui lis de la fantasy, tu ne connais rien à la cruauté de la guerre, tu n’imagines pas, pauvre innocent que tu es, qu’un coup de lame te fera perdre la vie, dans une belle giclure de sang).
En bref : une logorrhée contre la vieille fantasy, usant de tentatives langagières pour montrer sa supériorité mais s’achoppant, au final, à sa propre inculture (du genre, bien entendu, je ne me permettrai pas de juger sa culture générale).

Alors bien sûr, on peut s’interroger sur ses références : lecteur du SDA frustré ? Dévoreur de romans jeunesses ? Adolescent rebelle ? Adepte des fausses généralités ? Car pour déblatérer autant de fadaises, en si peu de lignes qui plus est, il fallait bien peu connaître le genre. Reprenons les éléments prêtants aux litiges :

Citation:
La guerre vénale n’existe pas en Fantasy.


Première généralité, s’axant sur la fantasy des années 70, 80, où le seigneur des anneaux influençait les écrivains. A le lire, il pense la fantasy incapable de produire des normes sociales, des tensions politiques, des relations internationales promptes à soulever les rancœurs. Or quelle place laisse-il à des œuvres comme l’Assassin Royal, qui met l’accent sur les intrications ? Nous apprécions alors une guerre vénale entre duchés, sur fond de crise économique et sociale. D’autres œuvres, plus ou moins connues, présentent ces enjeux : le Trône de Fer ou les Aventuriers de la Mer, par exemple.

Citation:
aucun jeu vidéo en Fantasy qui ne comporte, au moins, sa scène de bataille épique et sanglante, où les héros abattent les trolls par douzaines et où résonnent le galop des fiers destriers et le son clair des épées dans les vastes étendues de la plaine désolée.


Outre la référence aux trolls, soulignant sa fermeture à la modernité (combien de livres fantasy parlent encore de trolls, nous nous le demandons), il pointe là de nouvelles généralités :
- Une bataille épique : ma foi, et encore plus aujourd’hui, nombre d’auteurs évitent cet écueil. S’ils souhaitent incorporer des affrontements à leur récit, cela se limite aux algarades, aux esclandres orales, autrement dit aux voies moins grandiloquentes. Et quand bien même obtiendrions-nous une guerre, la peur (combien de héros autrefois si fiers rendus à de frêles soldats, proche de la rupture ?), l’odeur âcre du sang, la folie sont proches.
- Les fiers destriers : ah bah oui, bien sûr, la piétaille et les attaques en petits groupes ça n’existe pas en Fantasy, vous ne le saviez pas ?
- Les vastes plaines : dans la rubrique le saviez-vous, nous obtenons cette fois des promenades bucoliques à travers les champs, nous promenant sur nos fiers palefrois, une lourde masse à la main, prêts à occire les gobelins alentours. Dans ces plaines désolées, où même les prédateurs n’affouillent plus les terriers, vous ne rencontrerez que des trolls, des orcs, des Elfes saltimbanques ou des soldats aux armures étincelantes (noires de jais avec des yeux bleus azurs, comme de bien entendu). Après avoir éliminé vos ennemis sans éclabousser les vertes herbes (vos boules de feu et vos xp magique en venant à bout) vous retournerez auprès de vos femmes pour passer une nuit d’amour et de tendresse.


Citation:
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Dit-il, en se réfugiant derrière ses pages jaunies du SDA.

En bref, je ne peux que lui conseiller de lire plus, de réfléchir plus aussi, et d’être moins hypocrite. Car, vous ne le saviez pas, mais notre ami écrit de la Fantasy, a même dessiné une carte (avec une toponymie splendide, clamant des Haute Pierre, Lion, Bois Noir ou autre Mont Madelaine… quelle virtuosité, n’est-ce pas ?). Allez, combien parions-nous qu’il pense révolutionner le genre ?
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Sherryn
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BélierChat
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MessageSujet: Re: La Guerre en Fantasy   Mer 28 Mai - 14:56

Sahagiel a écrit:
dans leur webzine -dont la présentation claque, un bon point sans nul doute-


Je sais que c'est pas le sujet mais je tiens à le dire : je préfère très, très, très, mais alors très largement notre présentation à la leur.

Leurs pavés de textes serrés, sans espace entre les paragraphes, ne donnent franchement pas envie de lire, j'y ai renoncé après 4 lignes. On ne peut même pas agrandir le texte avec ALT + roulette, et moi avec mes mauvais yeux, je vois rien.
On ne peut pas non plus ouvrir plusieurs onglets en même temps T.T... On est obligé de tout visiter l'un après l'autre. On est même obligé de cliquer pour voir le sommaire en entier... Ledit sommaire qui d'ailleurs n'est pas clair du tout, faut ouvrir le sujet pour comprendre de quoi il parle... Et la barre de navigation faut l'utilisation avec le clic, parce que la roulette de la souris ça va pas...
Et après faut revenir au sommaire, ou aller tout dans l'ordre... Les explications de fonctionnement de cette chose sont en anglais... Pfffff, c'est d'un saoulant ! Je lirai jamais un truc pareil... Je perdrais pas mon temps à lire ça, aussi intéressant le contenu soit-il, s'il faut subir une présentation comme ça !


J'espère vraiment qu'on ne fera jamais ça. C'est pas pratique, c'est même pas beau. On a un gros écran d'ordinateur et on en utilise le dixième... N'importe nawak. J'aime pas du tout.
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Sahagiel
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MessageSujet: Re: La Guerre en Fantasy   Mer 28 Mai - 15:01

Oui, mais le principe d'utiliser le flash pourrait être sympa, en aménageant la chose pour gagner en clarté, of course =)

Et de toute façon, nous garderions en plus les présentations du premier numéro, pour que chacun trouve son bonheur wink
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MessageSujet: Re: La Guerre en Fantasy   Mar 29 Juil - 10:34

Tiens ? Je n'avais pas remarqué ce sujet : Puis-je m'y joindre ? Very Happy

J' entame ma deuxième version de mon roman médiévale fantastique ( J' ai terminé d' écrire ma version un, mi-juin passé ). Je ne veux pas tout dévoiler ici, mais tout ce que je peux vous dire, c'est que mon roman est LOIN de cet article disait. >_>

Okay, j'avoue : Mon bouquin contient une méga bataille sanglante de la mort qui tue. Que voullez-vous ? C' est cette bataille qui a tout chamboullée dans mon roman - Un point tournant dans l'histoire.

Une chose est sûr : Le gars qui a écrit ce texte n'a pas dû lire beaucoup de romans/séries de Fantaisie médiévale. On dirait qu'il se fit trop au Seigneur des Agneaux et à ses clônes. S'il avait lu au moins Le Trône de Fer de G.R.R. Martin, sa perception aurait changée ... Rolling Eyes

D'après ce que je peux en conclure, on dirait que le chroniqueur(trice) l'a écrit dans le simple but de se défouler sur la majorité des romans de Fantasy d'aujourd'hui qui contient des batailles trop pures et manquant de réalisme, sans pouvoir nommer certains dans son article *tousse*Eragon*tousse* *tousse*Les Chevaliers d'Émeraude*tousse*.

Parcontre, pour le manque de réalisme qu'il disait, je suis d'accord. Mon roman promet et inclut des combats très réalistes et sanglants. Pas parce que c'est cool, mais parce que, dans le vrai médiéval qu'on a passé, les combats étaient tout aussi brutales et horribles que l'on croit/lu/voit dans les romans de fantasy.

Je le trouve tout de même amateur qu'il ait mentionné WarCraft comme référence à un certain point. WarCraft n'est qu'un ramassis de plusieurs fantaisie les plus populaires.

Je crois que l'auteur de cette chronique était frustré. En tout cas, c'est ce que j'ai ressenti lors de la lecture ... confused
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J'connais pas les chevaliers d'émeraude...ça donne pas envie MAIS je ne me laisserais pas influencer par un aquanaute
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S' il y a quelque chose de plus important que moi dans les parages, je veux qu' on le prenne et qu' on l' abatte sur-le-champ.
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yoohet
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GémeauxDragon
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MessageSujet: Re: La Guerre en Fantasy   Mar 29 Juil - 11:42

En lisant l'article, je n'ai pas du tout l'impression que c'est un fan de fantaisy. Plus, à quelqu'un qui lit tout sauf de la fantaisy.
Puis les aprioris qu'il a de la fantaisy est un peu vieux.
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sloen
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CancerChien
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MessageSujet: Re: La Guerre en Fantasy   Mer 30 Juil - 16:30

Il est clair que cette homme (ou femme) ne lit pas de fantaisy. Ou alors, il c'est contenter du seigneurs des anneaux et de la fantaisy enfantine (Aquanaute a bien nommé(e) certain de ces livres qui font que la Fantaisy est considéré comme un sous-genre)
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La Guerre en Fantasy

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