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| | Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb | |
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Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1423
| Sujet: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Sam 8 Sep - 11:49 | |
| Centrons-nous sur le cycle des Aventuriers de la mer, réuni par Pygmalion sous le nom de l'Arche des Ombres.
Les composantes du cycle:
* Le vaisseau magique * Le navire aux esclaves * La conquête de la liberté * Brûme et tempêtes * Prisons d'eau et de bois * L'Éveil des eaux dormantes * Le Seigneur des Trois Règnes * Ombres et flammes * Les Marches du Trône
Résumé du premier tome :
Avec La Citadelle des Ombres, Robin Hobb s'est imposée en France comme un écrivain majeur, mêlant une subtile connaissance de la psychologie humaine à l'art très original de semer dans son récit des éléments fantastiques. Ainsi parvient-elle à mieux souligner l'étrangeté de la destinée humaine en affinant des personnages qui, sous sa plume, atteignent à une saisissante universalité.
Dans ce premier volume d'une nouvelle série, Les Aventuriers de la mer, elle se penche sur l'histoire d'une famille de grands propriétaires terriens, désormais ruinés, dont la seule richesse ne réside plus que dans un magnifique navire construit en bois-sorcier, La Vivacia. Mais son capitaine va mourir, ne laissant que deux filles. L'une est mariée et mère de famille, l'autre, Althéa, véritable garçon manqué, a grandi sur le bateau et a toujours vécu parmi les matelots, le visage fouetté par les embruns de ses longues courses en mer et de ses innombrables voyages. Follement attachée au vaisseau, elle entretient avec lui une complicité étroite, persuadée qu'elle sera bientôt son unique maître. Pourtant, c'est à son gendre que le vieux capitaine, à toute extrémité, lègue le navire… Erreur funeste ? Désespérée, mais passionnément résolue, Althéa jure alors de le reconquérir coûte que coûte.
Mon avis personnel sur ce même premier tome :
Les aventuriers de la mer, saga entamée par Robin Hobb en 1998, galvanisait la curiosité des lecteurs depuis sa parution ; et pour cause, après les émotions transmises par l’Assassin Royal, le lectorat rongeait son frein en attendant une nouvelle épopée. Toutefois, si ce roman s’inscrit dans le même univers que la Citadelle des Ombres, Robin Hobb y affleure un tout autre contexte : celui de propriétaires terriens menacés par la ruine. Un pari étrange, mais qui saura imposer sa marque ?
Dans un premier temps, notons que ce tome introduit la série, met en place les fils conducteurs de l’intrigue et présente les protagonistes. Il s’agit donc d’un vaste incipit dont on découvre peu à peu les aboutissements. Si nous ne nous imprégnons pas de cette ambiance, cela tient en parti à l’intrication des évènements, dans l’immédiat assez confuse : on n’envisage aucune piste tandis que les atermoiements se multiplient. Quand bien même découvrons-nous une base à l’histoire, autrement dit les manœuvres gravitant autour d’Althéa, de multiples possibilités surgissent, nous menant tantôt aux côtés du pirate Kennit, tantôt auprès des serpents ou du Parangon. Mais en réalité, quel lien unit ces pièces ? Ce premier volume pourrait ainsi s’apparenter à un assemblage hétéroclite, mêlant aux drames familiaux l’apanage de la piraterie. Certes, on saisit le point d’orgue de ce livre : permettre à Althéa de récupérer son navire, par tous les moyens possibles, mais à part cela notre soif de connaissance n’est pas repu. Comme il est difficile d’accrocher à un scénario quand on oscille entre deux eaux, sans jamais savoir où la prochaine vague va nous échouer ! Néanmoins, en dépit des longueurs écumant le récit, on poursuit la lecture, prospectant à chaque page pour découvrir un indice, surprendre une révélation ou broder la toile du scénario.
Tome charnière, Le Vaisseau magique ne s’exempte pas d’intérêts : le remugle des interrogations engendrent une dynamique au livre, même si elle cède parfois le pas à un sentiment d’insatisfaction, quand on parvient aux dernières pages d’un chapitre sans en saisir le but. Par exemple, bien que nous ne doutions pas de leurs valeurs, les rêves du Parangon constituent une impasse supplémentaire ; où nous mène donc Robin Hobb ? Astuce de l’écrivain pour freter le lecteur ou nécessité d’agencer son récit, difficile donc à déterminer pour le moment… Dans un second temps, le monde dépeint par Robin Hobb s’avère fertile sinon transpirant d’inventivité. La mise en place des vivenefs, navires dotés d’une vie propre, avec leur caractère, leurs souvenirs et leur essence, apprête un récit riche en surprises ; on reconnaît bien là le talent de l’auteur, toujours prompte à bouleverser la Fantasy ! Certes, l’éclatement tout relatif de l’intrigue n’occasionne pas de véritables innovations, à part quelques bonnes idées, comme le bois-sorcier, dont on retiendra le caractère magique, mais cela suffit à étoffer un monde.
Enfin, les personnages eux-mêmes se tournent en directeur de conscience pour nous instruire sur leurs univers, leurs doutes et leurs aspirations. Comme souvent, sa subtile connaissance de la psychologie humaine permet à Robin Hobb d’ancrer ses protagonistes, de leurs inspirer un comportement humain. Ils interagissent entre eux, éprouvent des sentiments variés et se distinguent de simples outils au service de l’intrigue. S’il n’est guère difficile de s’attacher à eux, l’inverse se prouve également : avec une facilité étonnante, Robin Hobb réussit à pointer les protagonistes intéressants, à souligner les exécrables ou à capitonner les effacés. On se prend d’affection pour eux…
En bref, Robin Hobb achève là un roman à double tranchant, à la fois soutenu par un style agréable et alourdi par un manque de repères. Car cela peut aussi bien titiller la curiosité que la décourager… Toutefois, il serait dommage de passer outre cette saga tant elle promet de nombreux rebondissements !
(la note indicative se situant aux environs du 7 sur 10)
Informations complémentaires :
* Questions posées à Beloved Dilvish sur la traduction, et autres remarques de sa part :
Pourquoi l'éditeur a t-il changé de traducteur pour les Adlm ?
Tout bêtement pour des raisons de ventes: les aventures de Fitz se vendaient beaucoup mieux que celles d'Althéa. J'ai bien essayé de faire comprendre au directeur de l'époque que les 2 séries s'interpénétraient, qu'il fallait les traduire de façon chronologique, j'ai même proposé de les traduire alternativement, un bouquin de chaque série sur deux, mais je n'ai malheureusement pas eu gain de cause.
Hiémain – Wintrow
Alors, pourquoi Hiémain? Hé bien, comme je l'ai dit ailleurs, j'avais pris le parti de traduire tous les noms qui avaient une signification en anglais; Wintrow n'a pas de sens particulier en anglais, mais il sonne très anglais; j'ai donc cherché ce qu'il pouvait évoquer pour un Anglo-Saxon et j'ai pensé à winter, hiver, mais avec une terminaison différente. Puis j'ai cherché en français un mot assez joli qui fasse penser à l'hiver, mais sans excès, et j'ai songé au latin hiems, d'où j'ai tiré Hiémain. Voilà.
Ludluck ou Ludchance?
Arwena, tu as tout à fait raison, et l'erreur vient de ma négligence: à certains moments, Ludluck est resté Ludluck, et en d'autres, je l'ai rendu par Ludchance. Mea culpa, mea maxima culpa. J'espère que la traductrice qui a pris la relève a noté l'incohérence et ne la reproduira pas. Il faudra que je la lui signale, sinon.
Paragon (vo) - Parangon (vf)
"Parangon" est la traduction française de "Paragon", et a le même sens: modèle, exemple absolu.
TerrilVille – Bingtown
Quand j'ai traduit le terme "Bingtown", j'ignorais jusqu'à l'existence de la série des Liveship Traders, et je ne pensais pas que la ville allait prendre l'importance qu'on lui connaît; aussi, j'ai regardé rapidement dans mon Harrap's en 4 volumes, trouvé "Bing: (Dial.) Terril" et écrit joyeusement "Terrilville". Avec les AdlM, je m'en suis un peu mordu les doigts parce que ce n'est pas un nom très élégant, mais ce qui était fait était fait... walà-walà.
source
* Où voir les différentes versions du cycle :
Sur cette page du site des Rivages Maudits, vous pourrez trouver un grand nombre d'informations, ainsi que tous les formats disponibles du cycle, aussi bien en broché qu'en poche et, surtout, un aperçu des illustrations anglaises, bien plus soignées que les françaises !
Simple exemple, pour le tome un anglais :
* Extrait d'une interview de Robin Hobb, où elle parle notamment d'ADLM et d'une autre question, que j'ai jugé intéressante pour ce sujet :
- Avec le temps lorsque vous regardez les livres que vous avez écrits avec du recul, y a-t-il un choix, une scène, un passage que vous regrettez avoir écrit ou que vous souhaiteriez changer?
– With time, when you happen to look back at the books you’ve written, is there ever a scene, a part of the story or a choice in the plot in which you are not satisfied or that you wish you could rewrite?
I think that if I were to re-write any of my earlier books, they would be substantially different. I’m not sure they would be better. Instead, they would be books written by someone who had acquired more experience in the world, as well as more experience at writing. In a way, I think it would be unfair to my younger self, and to the books she wrote, to rewrite them today. So, in that sense, there is nothing that I’d be willing to change. In a different sense of the question, Have I ever been writing book three of a trilogy and desperately wished I could go back and add or change some little detail in book one? Absolutely yes. But you know, I think of all three books as part of one story, and I love going back to revise when I’m still working on a book. As those pages are already in print, however, it isn’t possible. I have to live with what I’ve written.
Je pense que si je devais réécrire n’importe lequel de mes précédents livres, ils seraient extrêmement différents. Je ne suis pas persuadée qu’ils en seraient améliorés. A la place, ce serait des livres écrits par une personne ayant acquis plus d’expérience du monde et dans l’art d’écrire. Dans un certain sens, je pense que ce serait injuste vis à vis de la jeune Robin Hobb et des livres qu’elle a écrits que de les réécrire aujourd’hui. Donc de ce côté, il n’y a rien que je souhaite modifier. En interprétant la question différemment, m’est-il déjà arrivé en écrivant le 3eme livre d’une trilogie de souhaiter désespérément pouvoir retourner en arrière et ajouter ou changer un petit détail du premier livre ? Oui absolument. Mais vous savez, je crois que les 3 livres ne sont qu’une seule histoire et j’aime retourner les retravailler quand je suis encore en train d’écrire. Toutefois, si les pages sont déjà imprimées, cela n’est pas possible. Je dois vivre avec ce que j’ai écrit.
- Une question à propos de Kennit. Au début de la série, le pirate trouve des objets sur la plage des Autres. Quelle est la signification de ces objets ?
– A question about Kennit. At the beginning of the series, the pirate finds different objects on the Other’s Beach. What are their signification?
This is a confession. That scene is based on a very peculiar dream I had many years ago. I was on the Treasure Beach, and found all sorts of things that I longed to keep, but knew that I had to leave there, in this immense wooden cupboard with all sorts of shelves and cubbyholes in it. The Treasure Beach remains a mythical location to me, a place that is at the junction of several worlds. I know where some of the items came from. Others, I have no idea at all. Possibly from books I haven’t written yet.
Ceci est une confession. Cette scène est inspirée d’un rêve particulièrement étrange que j’ai fait il y a des années. J’étais sur la Treasure Beach et je trouvais toute sorte de choses que je voulais désespérément garder mais qui, je savais, devaient rester là, dans cette immense armoire de bois remplie de rayons et d’alvéoles*. La Plage aux trésors reste un lieu mythique pour moi, un endroit au croisement de nombreux mondes. Je sais d’où certains objets proviennent. Pour d’autres, je n’en ai aucune idée. Probablement de livres que je n’ai pas encore écrits.
source
* Et le plus intéressant, des illustrations du roman, par John Howe :
Quand Althéa rêve avec la Vivacia :
Althéa et le Parangon :
Les autres :
*******
So, que pensez-vous de cette série ? Vous parait-elle meilleure que les précédents livres de Robin Hobb ? Quels sont vos personnages préférés, vos tomes préférés et pourquoi ?
Enjoy  _________________
 Kit réalisé par une citrouille à queue verte. Merci, Sâr ! |
|  | | Sherryn Chroniqueur


  Age : 21 Inscrit le : 09 Sep 2007 Messages : 1413 Localisation : Valdemar
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Mar 16 Oct - 20:12 | |
| Whow, elles sont superves les illustrations de John Howe !
Les Aventuriers de la Mer est une série que j'apprécie énormément, en particulier pour ses nombreuses fourchettes qui prennent toutes le temps de développer une intrigue propre dont les héros sont des personnages aux interactions diverses. C'est pas comme si on se contentait d'avoir les gentils et les méchants : chaque personnage des ADLM peut être considérer comme l'un ou l'autre, selon le point de vue par rapport à un autre personnage... En tout cas ils sont tous très attachants, avec une personnalité subtile, et toutes leurs aventures sont intéressantes, il est encore plus intéressant de les voir s'entremêler et se compléter discrètement à l'insu des protagonistes du livre.
Mon personnage préféré... Hiémain, indubitablement. A vrai dire j'ai exactement le caractère d'Althéa et j'aimerais vraiment me corriger : trop impulsive, à prendre des décisions que je regrette, à m'engager dans un truc sur un coup de tête, avec un côté passionné qui peut me rendre féroce... mais aussi irréfléchie, agressive, cela peut me conduire à négliger des choses importantes en étant obnubilée par d'autres. En fait Hiémain, aussi bien en pensée qu'en acte, est un idéal que j'aimerais atteindre pour m'améliorer, vala, c'est aussi simple que ça. Je rêve d'avoir son calme, sa diplomatie, sa capacité d'analyser les événements, d'y réfléchir intensément et de prendre rapidement les décisions qui s'imposent. Bien sûr c'est un personnage qui évolue au fil du livre mais au début comme à la fin, il reste un modèle pour moi. Vala. _________________
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|  | | Loba Serviteur de Pieu


  Age : 26 Inscrit le : 26 Jan 2008 Messages : 67 Localisation : toulouse
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Sam 26 Jan - 17:14 | |
| Un cycle intéressant, toujours sous la plume géniale de Hobb. Par contre, il ne supporte pas la comparaison avec L'AR. J'ai fait la boulette de le lire après avoir quitté Fitz. Du coup, j'ai trouvé le cadre moins charmant, je n'aime que moyennement le monde de la piraterie, de la flotte navale... Et puis les personnages féminins m'exaspèrent : on a le garçon manqué, buté ; la gamine écervelée et la femme soumise à son mari!! bref, moi qui aiment les personnages forts, sans barreaux autour d'eux.
j'ai commencé à avoir un regain d'intérêt avec l'arrivée du peuple des pluies et des dragons Et dernier défaut non imputable à l'auteur : le découpage et l'attente de diffusion de ce cycle |
|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1423
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Sam 12 Juil - 16:05 | |
| Occasion de remonter ce topic à la dérive : je suis en train de terminer le tome 4, après avoir longtemps abandonné la série. Ma foi, on retrouve toute la force de Robin Hobb dans ce volume, sans doute le meilleur jusqu'à maintenant. Ca augure de très bonnes choses pour la suite ! Mon avis plus en détails quand j'aurai terminé la lecture 
Edit :
L'impression de lecture, qui n'engage que moi ^^ :
| Citation: | Après un troisième tome plus abouti, j’entamais Brumes et Tempêtes : on nous promettait un monde proche de la rupture, une situation sans cesse assombrie, des personnages prompts à soulever les passions. Alors, simple dithyrambe ou arguments objectifs ?
Cette fois, les personnages se tournent en véritable atouts, menant les intrigues, les manigances, les opérations sans jamais s’interrompre. Si les précédents romans gagnaient en intensité, la psychologie trouve ici sa détente : finies les errances où nous ne savions comment considérer les personnages, finis les découpages incertains ou les relations peu développées. Avec une vibrante émotion, nous découvrons des protagonistes aux multiples personnalités, torturés par leurs obligations mais toujours aussi humains ; fine auteur, Robin Hobb atteint la quintessence de son art : car si le sombre Kyle ne surclasse pas un Royal, les relations qui se nouent sur la Vivacia valent un Fitz dans ses meilleurs jours ! Comment décrire ces passages à ce point percutant ? Quand le capitaine Kennit, Etta ou Hiémain vêtent une cape à ce point solide ? A n’en point douter, nous obtenons là un scénario mené d’une main de maître.
Sous ces personnages taillés à la serpe se cache un scénario toujours aussi prenant. Bien sûr, nous ne saisissons pas encore ses aboutissements ni ses plus fines subtilités, toutefois on flaire les pistes, on sent les fragrances du renouveau : peu à peu, les destins s’entrecroisent et mettent à jour la finalité. Et quelle exultation quand les personnages se croisent ! Nous savourons les discussions où chacun hypothèque son avenir, nous nous prêtons aux conjectures pour deviner comme untel réagira, par quel biais ils se retrouveront, si enfin un espoir les éclairera. Si nous sommes encore loin du dernier tome, les rouages ne tardent pas à actionner le moteur ! Et quand la machine produit un son vrombissant, tantôt doux et lyrique, tantôt acéré, on se laisse prendre au jeu. Défaut imputable à l’éditeur : le découpage décidément bien malheureux. Nous regrettons ainsi des protagonistes trop effacés, voire remisés au second plan, tandis que d’autres investissent tous les chapitres ; un équilibre parfois inégal et prêtant aux mécontentements. Les serpents n’apparaissent pour ainsi dire pas, malgré un rôle mis en avant dans les chapitres…
Concernant le style, Robin Hobb se taille une plume touchante et précise. Elle ne se perd pas en atermoiements pour exacerber les sentiments ou glacer une ambiance : en peu de mots, elle tisse une atmosphère, en un paragraphe, elle souligne les enjeux, en un chapitre, elle renforce son univers. Le monde, d’ailleurs, grandit véritablement dans ce tome : on regrettait les quelques raccourcis or là, avec une simplicité exemplaire, l’auteur nous décrit des anecdotes, particularités géographiques ou anciennes légendes. Peu à peu, les rivages se dévoilent sous sa plume, augurant un dénouement à la fois complexe et complet.
Aucun temps morts, des dialogues riches en surprises, concernant aussi bien les personnages que l’aventure, une action soutenue, ce volume se porte à un haut niveau. Pour ne pas ternir cet éloge, l’auteur développe de nouveaux thèmes : le devoir envers la famille (notamment les liens filiaux), le corps réceptacle à la mémoire, à la politique, la morale sous tous ses aspects ; nous ne sombrons pas dans une vaine réflexion mais abordons des sujets actuels. A ce vernis déjà solide s’ajoute une situation politique décrite avec soin et des femmes qui s’affirment dans tous les domaines. Que demande le peuple ?
Au final, Les Aventuriers de la Mer prennent un tour très intéressant, et méritent que vous investissiez dedans, quand bien même allègeront-ils vos bourses.
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 Kit réalisé par une citrouille à queue verte. Merci, Sâr ! |
|  | | Gabrielletrompelamort Auteur


  Age : 20 Inscrit le : 24 Avr 2008 Messages : 106 Localisation : Pays du pastis...
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Lun 14 Juil - 16:37 | |
| Il ne me manque que le dernier tome. J'attends la version poche en fait... cela dit, jusque là j'ai adoré, et j'ai vraiment hâte de lire la suite.
Je ne pourrais pas dire que j'ai un personnage préféré. C'est là l'une des forces de Robin Hobb : ses personnages sont si humains, sonnent si "vrais" qu'on ne peut pas choisir entre eux. A mon avis, bien sûr. Je me suis attachée à chacun d'entre eux, de différente manière à chaque fois, mais avec une intensité égale.
Je pense que j'aurai autant de mal à quitter l'univers des ADLM que j'en ai eu à le faire pour l'AR... |
|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1423
| |  | | Gabrielletrompelamort Auteur


  Age : 20 Inscrit le : 24 Avr 2008 Messages : 106 Localisation : Pays du pastis...
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Jeu 17 Juil - 17:05 | |
| | Sahagiel a écrit: |
| Citation: | | Je pense que j'aurai autant de mal à quitter l'univers des ADLM que j'en ai eu à le faire pour l'AR... |
De même pour moi. D'ailleurs, je me demande si je ne préfère pas les aventuriers de la mer, malgré mon attachement à Fitz =) |
Peut être parce qu'on l'a lu après, et que le souvenir de l'AR est de fait moins vivace ?
Au fait, je crois que j'ai trouvé mon personnage préféré en relisant un passage ce matin : MALTA ! Véritable peste au début, son évolution m'a vraiment plu, et le personnage qu'elle est devenu est saisissant de réalisme ET d'héroïsme.
Bonne lecture, Sahagiel. ^^ |
|  | | Sherryn Chroniqueur


  Age : 21 Inscrit le : 09 Sep 2007 Messages : 1413 Localisation : Valdemar
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Jeu 17 Juil - 17:16 | |
| C'est vrai que dans mon cas également, et j'y repensais quand je parlais à Saha sur la chatbox d'ES il y a quelques jours, Malta est probablement le personnage que j'ai le plus apprécié dans le temps, enfin surtout vers la fin ; c'est un personnage qui évolue, qui change réellement et profondément, dont le traitement prend un temps dingue mais ça en vaut la peine. L'auteur a vraiment réussi à broder un certain profil de personnage particulièrement détestable, mais dont les défauts mêmes deviennent par la suite d'étonnantes qualités. C'est très certainement elle que l'auteur a le plus travaillé...
Mais en y réfléchissant, tous les personnages finissent par se transformer de façon intrinsèques, Selden par exemple m'a également réservé des surprises, sans parler de Parangon, mais dans son cas c'est surtout dans le passé qu'il prend de la profondeur  _________________
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|  | | Gabrielletrompelamort Auteur


  Age : 20 Inscrit le : 24 Avr 2008 Messages : 106 Localisation : Pays du pastis...
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Jeu 17 Juil - 17:35 | |
| Oui, c'est exactement ça. Et puis son évolution est si réaliste... Malta a une crédibilité en béton. On jurerait qu'elle existe (les autres personnages aussi, mais surtout elle, je trouve).
Et oui, Selden est surprenant lui aussi. A sa manière... faut dire qu'aussi, avec ce qui lui arrive sur la fin... il ne peut que changer. ^^ De la famille Vestrit, la seule qui m'a un peu déçue, c'est Althéa. On dirait qu'elle n'a rien appris... enfin, ça ne m'empêche pas de l'apprécier. ^^ |
|  | | Sherryn Chroniqueur


  Age : 21 Inscrit le : 09 Sep 2007 Messages : 1413 Localisation : Valdemar
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Jeu 17 Juil - 18:56 | |
| C'est vrai que dans le cas d'Althéa, on pourrait résumer son évolution par "Althéa était incomprise au début et a eu raison à la fin" ://... Ceci dit, il y a bien assez de personnages secondaires qui évoluent de façon étonnante ^^
Au fait, Saha, c'est en broché que tu les as tous achetés ?? _________________
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|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1423
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Jeu 17 Juil - 22:14 | |
| Oui, en Broché, je suis du genre suicidaire quand il s'agit de livres (a)
Mais ils rendent très bien dans ma bibliothèque, tous alignés *O*. Il faudrait que je vous montre ma bibliothèque un jour, un rapide calcul confirmerait ma folie dépensière T_T....
Tant mieux si Malta évolue, car pour le moment, je ne l'apprécie guère =D
Pour ma part, mon personnage préféré reste le capitaine Kennit, Etta également ; j'espère qu'il ne leur arrivera rien de fâcheux T_T _________________
 Kit réalisé par une citrouille à queue verte. Merci, Sâr ! |
|  | | yoohet Novice de Pieu


  Age : 20 Inscrit le : 16 Juin 2008 Messages : 50 Localisation : Lyon
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Mer 23 Juil - 18:35 | |
| Il me reste le dernier tome des aventuriers de la mer à lire. J'attends qu'il sorte en poche, moins cher et il y a le plaisir de l'attente ( je crois que je suis maso).
Après avoir terminé l'assassin royal quoi de plus naturel d'enchainer par les aventuriers de la mer. Hobb a bien su démarquer AR et ADLM par ses personnages: AR= un personnage principal et ADLM= une famille et un pirate.
Puis partir faire un tour en mer c'est toujours agréable. Les personnages sont tous très attachant. Malta est le personnages qui pour moi à le plus évoluer. Petite peste au début, elle a réussi à être fière d'elle.
Kennit est lui aussi très réussi. Je suis arrivé à le détester à la fin du tome 8, et c'est là que j'ai compris qu'il était extrêmement bien réussi. Un personnage qu'on aime ou déteste sont toujours bien réussi. |
|  | | Sherryn Chroniqueur


  Age : 21 Inscrit le : 09 Sep 2007 Messages : 1413 Localisation : Valdemar
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Mer 30 Juil - 14:34 | |
| Kennit à la fin, c'est sûr que.... *brrrrrr*
Enfin, la yaoiste profonde est convaincue que Hiémain est la cause de ce qu'il fait à Althéa... >< (m'enfin, ça change rien à ses actes ><) _________________
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|  | | Kagami Novice de Pieu


Inscrit le : 07 Aoû 2008 Messages : 49
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Jeu 7 Aoû - 16:16 | |
| Je n'ai pas encore lu les derniers (*raconte sa vie on* c'est ma soeur qui a acheté les premiers alors j'attends qu'elle achète la suite... résultat dans deux ans quand elle sera partie je devrai tout réacheter ==*) mais j'aime beaucoup cette série(moins que l'assassin royal, je l'ai commencé juste après avoir fini l'assassin Royal) Malta m'a beaucoup plus aussi, et si au début j'apprécias Althéa, à force elle me saoule u.u' Je ne sais pas ce que Kennit a fait à Althéa mais je suis fane de ton explication Sherryn Sinon j'aime beaucoup Etta Hiémain et Ronica (trois de mes personnages préférées *_*) |
|  | | Sahagiel Encenseur de Pieu


Inscrit le : 07 Sep 2007 Messages : 1423
| Sujet: Re: Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb Sam 9 Aoû - 19:15 | |
| Kennit (oui, j'aime les méchants, j'assume )
Et hop, les critiques des tomes cinq et six, celle du sept ne devrait guère tarder ! Comme d'habitude, cet avis n'engage que moi :
| Citation: | Le découpage des livres étant parfois incertain, ou du moins ne convenant pas à l’intrigue, j’ai préféré coupler les tomes cinq et six. Le cinquième volume évoquera un épisode charnière, où les atermoiements serviront aux intrigues secondaires. De fait, le sixième tome se poursuit avec une profondeur plus évidente, et il semblait alors commode de critiquer les deux réunis. Ceci expliqué, lançons-nous gaiement !
Robin Hobb prouve une nouvelle fois son talent en couplant un scénario fouillé, des personnages charismatiques et des chutes promptes à bouleverser les certitudes. Dans ce cinquième et sixième tome, nous en apprenons plus sur les finalités du récit, à la fois les aspirations, les ramifications qui cisaillent le scénario mais aussi les intrigues secondaires peu à peu éclaircies. Les indices à flairer se multiplient tandis que, lentement, le final se profile. On regrette cette clarté trop en évidences selon les énigmes. Car là où Robin Hobb nous avait habitués à un silence pesant, nous nous acheminons vers une fin plutôt consommée. Toutefois, nous sommes encore loin d’achever la boucle aussi réservons cette critique au dernier roman.
La place laissée à la politique se renforce ici. Déjà dans le cinquième tome, nous découvrions le gouverneur et ses Compagnes de Cœur, mais ensuite cette présence se renforce et se solidifie, jusqu’à perturber les autres protagonistes. Plongé dans un monde où l’espoir se réduit à une vague sensation, un souvenir à demi-oublié, nous soutenons les personnages dans leur périples. Tantôt jetés parmi les mers à affronter monstres et souffrances, tantôt abandonnés sur les rivages du complot, nos compagnons se montreront particulièrement sensibles aux catastrophes. Si ces malheurs sont dignes d’une thérapie de groupe, on salue toutefois la cohérence générale : rien n’est laissé au hasard et tous les personnages ont un rôle à jouer dans ce qui apparaît déjà comme une vaste fresque. Les intrigues, les complots retors et les malversations, les aspirations, les peurs et les doutes, tous ces éléments se fondent pour créer une volte éphémère, peinture d’un monde où le rouge maquille la toile.
Vous l’aurez compris, le ton s’assombrit considérablement à travers les pages. La mort ne moissonne pas encore parmi les protagonistes, quoique certaines disparitions frapperont comme un couperet, toutefois on craint pour la suite : comment pourraient-ils survivre alors que de toute part la mort les appelle ?
En parallèle, Robin Hobb étaye plusieurs aspects économiques et culturels de ce monde, notamment les coutumes ceignant le Désert des Pluies. Avec un accent mis sur l’idylle entre Malta et Reyn, nous en apprenons beaucoup sur le rythme, la connaissance et l’histoire des marchands. Or quand certaines révélations recoupent l’Assassin Royal, autre cycle signé par l’auteur, nous nous inclinons devant une telle maîtrise ! Un autre aspect étayé sera, en particulier dans le sixième tome, les serpents. Depuis longtemps nous nous demandions quel lien unissait les serpents, les dragons et les vivenef, mais cette fois nous touchons au but. Or à travers son prisme, d’autres interrogations se voient résolues, les barrières se voient détruites, cédant la place à la réflexion. Le Paragon dévoile lui aussi ses secrets, avec une plus grande parcimonie toutefois, et peu à peu nous saisissons son dramatique passé.
Au final ces deux tomes charnières délivrent assez de grains pour alimenter le moulin des intrigues. Ils laissent nos compagnons dans une posture souvent ingrate, dangereuse voire indéterminée mais renforcent aussi nos convictions : les personnages autrefois détestables se tournent en personne mâture et d’autres se complexifient toujours plus. Mention spéciale à une Malta décidément bien surprenante, soulignant le travail effectué sur son caractère, car une fois ses crises passées elle saura mieux que quiconque affronter l’avenir.
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 Kit réalisé par une citrouille à queue verte. Merci, Sâr ! |
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